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Durant de nombreuses années, si la pratique de ce sport, était largement diffusée dans nos collèges et nos lycées, il restait avant tout un sport universitaire et confidentiel. Mais ça, c’était avant, car il y a eu la tornade des autoproclamés “barjots” de 1992, médaillés de bronze aux Jeux olympiques de Barcelone. Cette réussite, a mis les projecteurs sur le travail en profondeur et méthodique d’un groupe de profs de gym, bien décidé à donner ses lettres de noblesse au hand-Ball Français.

Du coup, difficile de rater les résultats impressionnants d’une équipe, qui se renouvelle et qui enchaîne. La France ne peut plus ignorer complètement ses champions, ses costauds, ses barjots, ses experts. C’est rapidement devenu, le sport dans lequel le pays a le plus de titre, à savoir deux médailles d’or olympiques, huit couronnes mondiales, quatre sacres européens. Chez les garçons, ce ne sont pas moins de 19 médailles internationales.

Pour compléter le tableau, il faut souligner que la réussite du handball français est totale, car la FFHB est l’une des rares fédérations qui accordent autant d’intérêt et de moyens à ses équipes, masculine et féminine. Les deux sont d’ailleurs actuellement championnes du monde en titre. Un bon exemple de réussite non grenée, et soucieuse de l’équilibre. En remportant pour la première fois le championnat d’Europe en décembre dernier, les filles ont ajouté un 14e titre dans la vitrine de la fédération.

Techniquement et tactiquement, le hand-ball français s’est largement inspiré du modèle Yougoslave et des Suédois. Cependant, le handball français, a réussi à placer l’équipe nationale au-dessus de tout, en intégrant les clubs dans la démarche. L’équipe l’emporte toujours sur l’individualité, y compris dans la communication, comme en témoignent les affiches, publicités et plateaux télés, qui se font toujours à plusieurs joueurs.

Derrière tout cela, il y a une belle constance dans les choix et les orientations du staff, et surtout quelques têtes de gondole au caractère bien trempé. Tout d’abord, Daniel Costantini, qui a initié le mouvement et la mise en place durant ses 16 années en tant que sélectionneur de l’équipe masculine. Claude Onesta, lui a succédé de 2001 à 2016, avant de passer le relais à l’ancien défenseur Didier Dinart. Même schéma du côté des féminines, Olivier Krumbholz, a entraîné l’équipe féminine de 1998 à 2013, et de nouveau depuis 2016. Une large longévité, que l’on retrouve à tous les niveaux, car Philippe Bana est le directeur technique national (DTN) depuis 2000. Joël Delplanque, réélu en 2017, préside la fédération depuis 2008.

Jusqu’à Didier Dinart, premier joueur professionnel à devenir sélectionneur, le staff était surtout du milieu enseignant, très souvent des profs de gym. D’où l’importance de former autant des esprits que des corps. Dans son livre, le DTN Philippe Bana insiste sur le fait qu’on y apprend également le sens du maillot, le respect, la politesse.

Après la folle épopée des barjots, il a fallu capitaliser cette réussite sur le long terme. Pour cela, pas de miracle, cela passe par une meilleure détection, un souci de formation et des investissements pour monter une ligue pro de très haut niveau attirante pour les stars des Bleus qui, il y a encore dix ans, jouaient pour la plupart en Espagne ou en Allemagne. Pour éviter, autant que faire se peut, les dérapages inhérents à l’intrusion de plus en plus d’argent, d’enjeux et d’agent, le système repose sur une forme de compagnonnage à tous les étages. Les joueurs portent le projet, le sélectionneur accompagne. Les anciens accueillent les nouveaux pour assurer une forme de continuité et de transmission.

Tout ceci apparaît évidemment plus facile lorsque cela devient une affaire de famille. Il y a eu les trois frères Gilles et les deux Karabatic. On assiste à la venue des “fils de” : Melvyn Richardson, fils de Jackson, et Kentin Mahé, fils de Pascal, sont deux enfants de barjots sélectionnés pour ces Mondiaux. D’autres suivent, héritiers avec des patronymes célèbres dans le hand français : Ewan Kervadec, Théo Derot, Arthur Anquetil leneveu de Gregory, Clément, Thomas et Noah Gaudin.

Un bel état d’esprit, bien entretenu, pourvu que ça dure.

Crédit photo : Cedric Geffroy

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