Vous êtes peut-être adepte de cette pratique sans le savoir. Alors petite précision, le binge watching est le comportement qui consiste à rester devant son écran à regarder des séries à la suite pendant plusieurs heures sans faire de pause. Ce comportement prend une telle ampleur qu’une étude européenne est menée pour connaître les effets sur la santé de cette pratique.

Cette expression n’est pas complètement nouvelle, elle date des années 90. Cependant, elle concernait essentiellement des fans, qui se rassemblaient pour regarder en une seule fois l’intégrale d’une saison en DVD. Or, depuis que certaines séries sortent désormais en une seule fois. Cette pratique se répand au point d’en faire un sujet d’étude pour la communauté scientifique. Une étude européenne est donc menée pour se pencher sur les conséquences de ce comportement sur la santé.

Il s’agit de déterminer les effets et les conséquences de cette forme de surconsommation des séries, qui selon la professeure Marie Grall-Bronnec (Institut fédératif des addictions comportementales), ne doit pas seulement être vu que sous un aspect négatif. Il peut être envisagé comme “un temps agréable, qui vient rythmer sa semaine, ou qui permet d’avoir des moments de partage avec d’autres”.

Il est évident, que les créateurs de ces séries favorisent ce phénomène. La construction des séries, avec un suspense et un rebondissement à la fin des épisodes, a remplacé la classique et souvent moralisatrice fin de chaque épisode en vigueur jusqu’aux années 70 et 80. Cela en faisait pour beaucoup des épisodes indépendants. Cependant, il paraît évident que si le binge watching tourne à une sorte d’addiction qui empêche de passer à autre chose, et d’envisager d’autres activités plus opportunes suivant les moments, on peut y voir une nouvelle forme d’isolement et de refuge. Marie Grall-Bronnec évoque un lien possible entre binge watching et dépression, qui devient une manière de s’échapper d’un quotidien difficile à affronter.

Cette étude va être menée pour la France, depuis Nantes par la professeure Marie Grall-Bronnec (Institut fédératif des addictions comportementales), jusqu’en septembre. Il s’agit d’un questionnaire qui s’adresse au plus de 18 ans que vous pouvez remplir ici. Les résultats seront connus dans un an.

Crédit photo : wilton nemenzo