Le Portugal est le pays dont on parle en bien économiquement. Il fait figure de bon élève après être sorti de la politique d’austérité imposé par Bruxelles en 2014. Ce bon élève a essentiellement basé son redressement sur le marché de l’immobilier et le tourisme. À grand coup d’exonérations d’impôts, le pays a attiré de nombreux investisseurs étrangers.

Ce n’est donc pas un hasard, si vous avez entendu parler de quelqu’un ayant décidé d’aller vivre ou d’investir au Portugal. En trois ans à peine, c’est un véritable raz-de-marée. Les projets de création et de réhabilitation se multiplient. Ils sont financés par des investisseurs français, mais aussi espagnols, italiens, des anglais, il y en a même qui viennent du Brésil, des États-Unis et du Canada.

Afflux d’investisseurs, de touristes et d’argent

Tout ce remue-ménage, dynamise l’économie et le Portugal engrange des milliards d’euros grâce à ce plan de relance du marché immobilier et touristique. Apparemment, la crise est passée, on dit “au revoir” à la politique d’austérité et le pays annonce fièrement être sorti de la crise.

Le pays peut-être, mais comme souvent, la crise n’est pas tout à fait fini pour tout le monde. Tous ces changements et cet afflux d’argent et de touristes a quelque peu changer la donne pour certains. Si pour les métiers de l’immobilier, le soleil brille, pour d’autres les temps sont durs.

Un afflux qui ne fait pas le bonheur de tous

Comme par exemple, les habitants traditionnels des quartiers devenus le refuge des touristes. C’est le cas des centres-villes de Porto et Lisbonne ou les loyers ont augmenté de façon exponentielle. Les revenus surtout des personnes les plus âgées ne peuvent pas suivre. Or, en 2012, le gouvernement modifie la loi en faveur des propriétaires. L’expulsion des occupants en cas de rénovation des lieux est facilitée. De fait, ce sont des dizaines d’expulsions chaque mois, dans certains endroits, y compris de personne vivant ici depuis toujours.

Autre parent pauvre et oublié de cette relance portugaise, les services publics. Depuis dix ans, pour contrôler le déficit public, le gouvernement portugais a gelé les salaires des fonctionnaires. Plus personne ne veut être professeur, un métier qui ne rapporte plus assez pour vivre. Il faut souvent une autre activité pour gagner suffisamment.

Un autre grand perdant, l’hôpital public, avec toujours la même rengaine, le manque de personnel et de matériels dans le secteur de la santé. Le secteur doit aussi faire avec des installations vétustes, qui ne sont pas et ne seront apparemment pas rénovées, et un exode de médecins et d’infirmiers.

Les touristes, les investisseurs, le pays sont contents, il reste à faire le bonheur d’un maximum de Portugais. Évidemment on ne peut pas faire le bonheur de tous en même temps, espérons que dans le futur, les retombés de cette embellie profitera a tous.

Crédit photo : carlos machado