Une nouvelle fois, le dernier chiffre publié, selon les statistiques du ministère du Travail (DARES), va confirmer que la France n’est plus un pays de travailleurs syndiqués, prêt à en découdre coûte que coûte avec le patronat. Le taux de Syndicalisation en France secteurs privé et public confondus, était de 11 % en 2016. Ce chiffre entretient une baisse, qui a commencé il y a bien longtemps.

Si l’on rentre un peu plus dans le détail, on s’aperçoit que la disparité entre le public et le privé se maintient. Le taux de syndicalisation était en 2016, de 19,1 % dans la fonction publique, tandis qu’il était de 8,4 % dans le secteur privé. D’autres disparités apparaissent comme par exemple, entre jeunes et vieux. Dans la fonction publique, les plus de 50 ans, sont syndiqués à 24,4 %, alors que cela concerne seulement 5,6 % des moins de 30 ans. Dans le privé, si le taux des 50 ans et plus, tombe à 11,5 %, pour les moins de 30 ans, ils sont seulement 3,3 % à adhérer.

Un vrai signe des temps, qui montre au combien le syndicalisme ne fait plus recette et apparaît comme un “truc de vieux”, parfois au profit d’un nouveau style d’action et d’organisation. Cette lente désaffection pour ces centrales syndicales, a commencé déjà depuis les sixties, durant lesquelles elles ont plafonné à 20 %. Cependant, les restructurations et la disparition d’anciens bastions syndicaux, ont aussi beaucoup fait chuter le taux de syndicalisation.

Dans le privé, sans surprise, le taux de syndicalisation progresse avec la taille de l’établissement. Ainsi, dans les établissements de moins de 50 salariés, ce taux ne dépasse pas 5 %, alors qu’il grimpe jusqu’à 14,4 % dans les plus grands. Dans les secteurs, où les emplois sont globalement plus stables, le taux de syndicalisation est plus fort que dans ceux qui emploient beaucoup de CDD et d’emplois saisonniers. Cette corrélation entre stabilité de l’emploi et syndicalisation, ne devrait pas pousser les entreprises à trop pérenniser les emplois.

Cependant, il ne faut pas oublier qu’en France, ce n’est pas le taux de syndicalisation qui fonde la légitimité des syndicats. En droit français, cette légitimité est basée sur l’audience électorale lors des élections professionnelles.

Peut-être plus étonnant, rappelons qu’au niveau européen, avec 11 % de syndiqués, la France se situe en queue de classement, avec la Lituanie et l’Estonie, et très loin des pays nordiques. C’est la Finlande, qui a le plus fort taux de syndicalisation en Europe avec 74 %, devant la Suède et le Danemark. La moyenne européenne, se situe à 23 %. A partir de là, il convient que l’on ne parle pas tout à fait des mêmes formes de syndicalisme et surtout, que les rapports dans une entreprise sont historiquement différents.

Doit-on aussi préciser qu’en France, syndiqués et non syndiqués bénéficient des mêmes droits. Ce n’est pas le cas dans les pays nordiques, qui incite ainsi, à largement se syndiquer.

Crédit photo : Ridoux Baptiste