L’équivalent en français donne écoblanchiment ou verdissage. C’est un ensemble de mesures et un procédé de marketing, ou de relations publiques utilisées par une organisation dans le but de se donner une image de responsabilité écologique. Au-delà des effets d’annonce, en grattant un peu, on s’aperçoit rapidement que les dépenses pour la publicité organisée autour de l’action, sont plus importantes, que la réalité des aides en faveur de l’environnement et du développement durable.

Il est évident, que le déroulement à Davos du 50e Forum économique mondial met en lumière ce phénomène. De multiples magnifiques promesses sont faites par les firmes pétrolières, les grandes entreprises de l’internet ou de l’agroalimentaire. Il s’agit de réduire par exemple son empreinte environnementale. A partir de là, chacun y va de son initiative. Cependant, bon nombre d’initiatives sont de vrais gadgets et d’autres sont carrément trompeuses.

L’idée à la mode, c’est la reforestation. Cela signifie, que l’on plante des arbres qui comme tout le monde le sait, absorbent et stockent le carbone. Une idée intéressante surtout pour les géants du pétrole, car elle sous-entend que l’on peut continuer à polluer puisque les nouveaux arbres plantés absorbent le carbone. Cela donne schématiquement ce résultat, plus il y a d’arbre, plus on peut utiliser sa voiture.

Cette magnifique idée est basée sur une étude de chercheurs suisses parue l’an dernier, et qui a toutes les apparences de la solution miracle tant recherchée depuis longtemps. Cependant, cette étude a été largement critiquée par les scientifiques. Elle surestime la capacité d’absorption de CO2 des arbres, et elle n’évoque pas le problème de la concurrence entre ces plantations et les terres agricoles nécessaires pour nourrir 10 milliards d’humains en 2050. La solution naturelle à l’utilisation des énergies fossiles, n’existe pas.

La reforestation est un exemple type d’idée pas vraiment mauvaise, mais qu’il ne faut pas imaginer comme “la solution”. Or, ses approximations parfois volontaires et coupables, n’ont plus lieu si l’on tient compte de l’urgence climatique. La politique concernant le climat, ne peut pas s’élaborer sérieusement et sur la durée, que si elle repose uniquement sur la seule base du volontariat, surtout si elle vient du secteur financier ou industriel. Bien souvent, les promesses des entreprises sont souvent accompagnées d’un lobbying intense auprès des gouvernements, pour limiter la réglementation.

Sriram Madhusoodanan, de l’ONG Corporate Accountability, explique, “vous ne pouvez tout simplement pas assurer d’un côté soutenir une action climatique ambitieuse, et de l’autre continuer à faire ami-ami avec des industries qui sont au cœur de cette crise“.

Certains gouvernements, ont décidé d’agir et imposent des amendes aux groupes utilisant abusivement la mention “vert” sur leurs produits. De son côté, l’Union européenne a renforcé ses prérogatives, pour qu’un investissement puisse être qualifié “d’environnementalement durable”.

Crédit photo : Canine Basic