De temps en temps, il est bon de faire le point, surtout dans un débat passionné. Cela permet de vérifier au fur et à mesure des affirmations, qui parfois sont excessives. C’est un peu ce que fait l’Institut national d’études démographiques (Ined), dans un article sur notre système de retraite. Au-delà de toute polémique, il rappelle au moins une chose, notre système n’a jamais été complètement figé, il a fort heureusement eu de nombreux aménagements. Sans atteindre, un but final parfait et donc presque inaccessible, certains ont permis de s’en rapprocher et d’autres ont permis de ne pas trop s’en éloigner.

C’est ce que l’on appelle, prendre du recul. Cette étude peut dépasser le cadre des combats de clan et des prises de position “a priori”. En effet, vouloir à tout prix mettre en parallèle des époques différentes, est souvent trompeur. L’étude explique notamment, que si les intentions de nos aînés étaient nobles, la mise en pratique dans l’immédiate après-guerre, ne saurait nous satisfaire pleinement. Par exemple, le système mis en place a bel et bien posé les bases du régime de retraite par répartition. Il s’agit ainsi d’assurer des prestations définies indépendantes des aléas économiques et financiers. Cependant, Didier Blanchet, économiste à l’Insee et président du comité de suivi des retraites, est allé voir de plus près les comptes de la protection sociale de 1959. En ce temps-là, la France consacrait 5,2 % du produit intérieur brut, contre 14 % actuellement. De plus, l’âge de départ à la retraite était de 65 ans. Il faut rajouter à cela, que le niveau de vie que le système permettait d’avoir, était loin d’être enviable.

Autres temps, autres moeurs, c’est vrai et il a fallu attendre la fin des années 70 et le début des années 80 pour imaginer un alignement du niveau de vie des retraités, sur celui de l’ensemble de la population. Au passage, rappelons que c’est le gouvernement de Pierre Mauroy en 1983, qui a concrètement instauré 60 ans, comme âge de la retraite à taux plein avec 37,5 années de cotisations.

Ce petit rappel historique très succinct, suffit à relativiser certaines choses. La première, c’est de ne pas comparer dans le temps, seulement quand cela arrange. Depuis les années 90, les mesures prises ont cherché à modifier les paramètres sans dénaturer le système de cotisations. Il reste, qu’elles sont toutes aller vers un durcissement des conditions, pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein. Toutes ses actions visent à conjuguer la hausse du taux d’effort des actifs, le décalage progressif de l’âge de la retraite, et éviter un décrochement progressif du niveau de vie, relatif des retraités.

Jusqu’ici, un équilibre a plus ou moins été trouvé en jonglant entre ses différents facteurs. Il reste, que les réformes passées permettent de naviguer par temps calme ou peu agité. Le problème est de garantir cet équilibre par gros vents et tempêtes. En effet, le plus souvent, les efforts sont plutôt mis pour éviter le sentiment d’inégalité de traitement entre les catégories de populations, plutôt que la recherche d’une vraie solution nouvelle.

Comme souvent, on recherche d’abord les coupables avant les solutions.

Crédit photo : Le Ptit Nicolas