La SNCF est au cœur de nombreuses discussions et plus particulièrement les TER (trains express régionaux). En effet, c’est un accident de l’un d’eux dans les Ardennes, qui a amené une réaction massive à la SNCF. De nombreux cheminots décident d’exercer leur droit de retrait, pour mettre en valeur la nécessité d’assurer la sécurité des voyageurs, dans certains TER où il n’y a plus que le conducteur. Dans le même temps, la Cour des comptes dans un rapport, attaque la SNCF sur un autre sujet, la prochaine ouverture des lignes régionales à la concurrence.

En effet, à partir de 2019, les régions pourront décider de lancer des appels d’offres pour l’exploitation des lignes TER. La concurrence pourrait donc venir de Deutsche Bahn (Allemagne) ou Renfe (Espagne). Jusqu’en 2023, cette mise en concurrence sera optionnelle, après, les appels d’offres deviendront obligatoires.

La SNCF et les régions pas vraiment bien préparées à l’ouverture à la concurrence

C’est un grand bouleversement, à la fois pour la SNCF, qui doit se préparer pour proposer une offre valable. Pour les régions aussi, qui doivent recueillir les informations pour choisir en toute connaissance de cause. Or, c’est justement un des points que la Cour des comptes pointe. Pour les sages, l’entreprise ne transmet pas certains documents nécessaires aux régions, afin que celles-ci puissent bien préparer les futurs appels d’offres.

Pour se justifier, l’entreprise invoque le secret des affaires. A cela, la Cour des comptes rappelle, que cette disposition ne peut pas être invoquée dans le cadre de l’ouverture à la concurrence. De plus, le rapport des sages, pointe aussi des informations disons, “ambiguës”. Par exemple, la SNCF ne communique pas le nombre de voyageurs qui ont subit un retard, mais sur le nombre de trains. Or, un train en retard de 500 passagers et un autre de 50, c’est bien différent pour les usagers.

Le rapport indique, que globalement la SNCF est incapable ou ne veut pas clairement fournir “les taux d’occupation des rames en fonction des périodes de la journée“. C’est pourtant indispensable, car dans les futurs appels d’offres, si les régions surestiment le trafic, elles se retrouveront avec des trains vides. Si elles le sous-estiment, les rames bondées risquent de vite dégrader la qualité du service.

Quand la Cour des comptes fait un rapport, il y en a pour tout le monde, les régions ont donc elles aussi droit à des remontrances. Ce rapport stipule, que “la plupart ont encore peu pris conscience des enjeux de l’ouverture à la concurrence et surtout des moyens à mettre en œuvre pour réussir les futurs appels d’offres”. Il faut rapidement songer à faire appel à “davantage de profils d’expertise technique, juridique et financière”. Cependant, 3 régions apparaissent plus avancées que les autres, la région Grand Est, les Hauts-de-France et Provence-Alpes-Côtes d’Azur.

La SNCF anticipe pour verrouiller un maximum les offres

Au bout du compte, il semblerait que les régions et la SNCF aient quelques intérêts à bien s’entendre. Pour les premières, cela éviterait des erreurs stratégiques majeures et une mise en place chaotique d’un autre partenaire, avec des conséquences sur les usagers. De son côté, l’opérateur ferroviaire historique sent bien que cette ouverture à la concurrence, risque d’être redoutable. Il s’y prépare maintenant, pour cela, il a mis en place des engagements de qualité de service. Cette opération vise à pousser les régions à signer des conventions avant 2023, car elles continueront de s’appliquer après cette date, au maximum jusqu’en 2033.

Crédit photo : IPCS-IPCS