De nombreux pays et de nombreuses organisations réfléchissent sur les conséquences de ce qu’on appelle globalement le revenu universel. Bien sûr, il peut prendre des formes différentes, mais au bout du compte, il s’agit d’un même principe. Il faut assurer à chacun un minimum, indépendamment de son statut ou de son revenu. Il est clair, que ce principe a ses fervents partisans et de farouches adversaires. Pour dépasser enfin ces discussions sans fins, le gouvernement finlandais a tout simplement testé et mis en place ce système.
 
Il est vrai, que les discussions et les controverses sont importantes, car ce sont, 2 visions du monde et de la vie qui s’affrontent sur le sujet. Si l’on globalise, les uns assurent que ce principe ne va faire qu’entretenir un maximum de personnes à ne rien faire et qu’elles vont se contenter de cet assistanat. Cela apparaît immoral, car il peut facilement faire penser, que l’on peut dans tous les domaines, profiter de l’effort de tous, sans véritablement apporter sa contribution. Ce principe maintient les plus pauvres, dans une nasse de dépendance vis-à-vis des aides, qui peuvent certes, être intéressantes pour contrôler les gens, mais un poids énorme pour l’économie. Sans compter que l’ensemble, n’encourage pas non plus ceux qui payent pour toutes ces charges et qui n’en profitent pas.
Dans l’autre camp, on retrouve ceux qui affirment que les personnes peuvent mieux imaginer leur vie à plus long terme, plutôt qu’une survie à court terme. Les conditions du marché sont telles, qu’il devient trop facile à des entreprises de faire accepter n’importe quoi. Il faut arrêter la spirale qui attire les conditions de travail vers le bas. Ces conditions de travail sont soumises à la concurrence avec les pays émergents, qui maintiennent à disposition un sous-prolétariat. Elles subissent aussi, la mise en place d’une forme de modernisation et de robotisation, qui font évoluer de plus en plus le travail vers des postes, des jobs, des emplois parfaitement interchangeables au détriment des métiers et du travail nécessitant un réel apprentissage et apportant de vraies vertus morales.
Pour en revenir à notre expérience finlandaise, pendant une année, un groupe de 2 000 chômeurs sélectionnés aléatoirement, a reçu 560 euros par mois sur la période 2017-2018. Disons-le clairement, les personnes bénéficiaires ont évidemment apprécié un soulagement de base, mais Olli Kangas, le coordinateur de l’expérimentation, explique qu’à priori, le revenu universel n’a pas permis d’augmenter l’emploi des bénéficiaires par rapport au groupe de contrôle. Cela apparaît plutôt comme une mesure d’aide d’urgence, mais pas comme une mesure d’aide à changer sa situation.
Comme souvent, la solution ou au moins une amélioration, doit se trouver dans une mise en place médiane, très fine et bien adaptée à chaque pays. Il est impossible de ne pas associer une personne à sa situation. Les aides sociales, ne peuvent pas entièrement être distribuées sans contre-partie. Il faut éviter un paternalisme nuisible à tous. Cependant, il convient de protéger et d’aider les salariés avec des simplifications administratives, la mise en place d’accès plus facile à la formation à tous les stades de la vie. Celle-ci, ne doit plus être associée à un passage obligé après un échec ou des difficultés, mais une étape classique de notre vie professionnelle, qui devient plurielle. Il reste aussi, que la responsabilisation doit être partagée et si les entreprises demandent qu’on leur laisse les coudées-franches en amont concernant la gestion du personnel, elles doivent assurer leur part de responsabilité dans la cohésion sociale avec des conditions de travail cohérentes.
Mettre, ou ne pas mettre en place le revenu universel, ne doit pas être considéré, comme accepter ou refuser la fraternité indispensable pour maintenir l’équilibre profitable à tous. C’est la manière dont on choisit de la mettre en place, et c’est la place que l’on donne à la responsabilité de chacun dans la situation de tous.
Crédit photo : Whats-up