Cette mesure fait partie du plan anti-tabac “Priorité Prévention” présenté en mars par la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Deux produits ont été retenu pour assurer ces traitements remboursables. Le premier, Nicotine EG est une gomme à mâcher, et le second, NicoretteSkin est un patch anti-tabac. La ministre de la Santé, a annoncé que le plan sevrage anti-tabac, actuellement en vigueur, qui consiste en un forfait annuel de 150 euros serait maintenu jusqu’à la fin de l’année.
Dorénavant, il faudra passer par deux produits proposés à un tarif unique, à savoir 14,40 euros pour Nicotine EG et 28,88 euros pour NicoretteSkin. Ces deux produits, seront remboursés à hauteur de 65 % par la sécurité sociale. La mesure ne devrait pas se limiter à ces deux produits, la liste devrait s’étoffer, au fur et à mesure avec d’autres traitements substitutifs à la nicotine, cela dépend des négociations avec les laboratoires.
Le gros changement se situe dans la mise en place d’un remboursement direct, contrairement à ce qui se fait actuellement. Depuis 2016, les fumeurs qui avaient recours aux substituts nicotiniques pour arrêter le tabac, bénéficiaient d’un forfait annuel de 150 euros. Cependant, pour en bénéficier, il fallait avancer les frais, puis adresser l’ordonnance et la facture de la pharmacie à la caisse d’Assurance Maladie. De fait, le principe d’avancer les frais pouvait dissuader les personnes disposant de faibles ressources financières de se faire traiter.
Le nouveau remboursement prévu par le plan “Priorité prévention”, tient compte des études montrant qu’entre 2010 et 2016, le pourcentage de fumeurs quotidiens, a continué d’augmenter surtout chez les Français à faibles revenus, passant de 35,2 % à 37,5 %. Dans le même temps, le tabagisme quotidien est passé de 23,5 % à 20,9 % chez les personnes plus aisés. Le nouveau remboursement prévu par le plan “Priorité prévention” veut donc s’adresser à ceux qui en ont le plus besoin.
Pour les spécialistes, il s’agit toujours d’inciter les 13 millions de Français qui fument, à arrêter, car ce sera toujours moins coûteux de prendre en charge en amont, le remboursement de ces substituts, que de prendre en charge des hospitalisations longues.
Cependant, Frédéric Bizard, économiste de la santé et professeur à Sciences Po, fait remarquer, “on ne prend pas le mal à la base qui est de s’assurer par une éducation à la santé dès le plus jeune âge, que vous ayez une prise de conscience des dangers du tabac. Quand vous consommez des produits nicotiniques, vous êtes déjà dans un état de dépendance très avancé. On est encore sur des effets d’annonce où on pense agir contre le tabac, mais malheureusement, ce n’est qu’un tout petit bout d’une politique de santé efficace“. Le tabac est responsable de 73 000 décès chaque année en France.

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