Nous allons peut-être assister au grand retour du redoublement à l’école. Jean-Michel Blanquer, le nouveau ministre de l’Education y semble favorable. Ce serait un coup de frein à une évolution générale, qui allait plutôt dans l’autre sens. En effet, celui-ci souhaite autoriser à nouveau le redoublement. Du côté des enseignants des lycées, et collèges, les avis sur la question sont partagés.

D’un côté, bien sûr, il y a ceux qui pensent que le redoublement doit être utilisé de manière exceptionnelle, et seulement si c’est nécessaire. Il est stupide de se passer d’un levier et d’un moyen qui peut éviter que les enfants évoluent dans le cursus scolaire sans acquérir un savoir graduel. Les adeptes du redoublement mettent l’accent sur l’acquisition de savoir précis par palier. Chaque échelon doit être passé, et l’école doit donner la possibilité de repasser cet échelon de son évolution. Le redoublement est un bon outil, parmi d’autres, à condition qu’il soit bien utilisé, et que les abus soient évités comme par le passé, car il ne faut pas que cela devienne une solution de facilité. Défenseur du redoublement, Albert-Jean Mougin vice-président Syndicat national des lycées et collèges (SNALC-FGAF) avance l’idée d’une classe préparatoire sur deux années quand cela est nécessaire. Le redoublement qui exclurait l’élève et qui le stigmatiserait n’est pas une pratique positive.
De l’autre côté, il s’agit de prendre en compte les résultats de différentes études, recherches nationales et internationales qui démontrent depuis deux décennies que le redoublement n’a pas d’effet positif sur les apprentissages des élèves. Elles démontrent même, que lorsque l’on regarde sa trajectoire sur plusieurs années, un enfant qui a redoublé va progresser moins vite qu’un enfant qui n’a pas redoublé, même si les deux avaient le même niveau scolaire. Il y a de nombreux pays qui n’utilisent pas le redoublement, comme en Asie ou en Finlande, en tête des enquêtes internationales sur les acquis des élèves.
De toute façon, ce n’est pas simplement une “mesure ” qui va résoudre tous les problèmes. Celle-ci n’est que le révélateur des options que doit prendre une école qui cherche toujours à s’adapter à une évolution de vie de plus en plus rapide. L’école reste un indicateur puissant de la société dans laquelle nous vivons. L’école doit-elle être à l’image de la société, et préparer les enfants à y prendre place, ou doit-elle être à l’image des enfants, et les préparer à construire leur société au fur et à mesure ?
Quoi qu’il en soit, les débats sur l’école ne doivent pas faire oublier que l’on doit mettre tous les moyens et les énergies possibles au service d’un secteur qui, à l’heure où l’on reproche souvent à l’Europe de tout régir, que cela reste un espace de choix parfaitement national.

Crédit photo : Carlos Espejo