A dire comme cela, ça pourrait porter à sourire, mais « les Sages » vont parler prostitution. En fait, le Conseil constitutionnel examine un recours contre les dispositions de la loi de 2016, qui vise à verbaliser les clients de la prostitution. Ils devront répondre à la question de savoir si, acheter un acte sexuel, relève, de la liberté individuelle ou du délit.

Attention, tout ceci n’a rien d’une comédie graveleuse, car le sujet est trop important. Depuis maintenant longtemps, deux camps groupés pour la majorité dans des associations s’opposent et luttent pied à pied pour faire avancer leurs idées. Actuellement, faire appel à un ou une prostituée est passible de 1 500 euros d’amende, voire 3 750 euros en cas de récidive. Dans la réalité, les amendes dépassent rarement les 300 €.

Nous avons d’un côté, les partisans de cette loi, à grand renfort de sensibilisations et de sondages, ils défendent la loi, qui autorise à verbaliser les clients. Ils ont regroupé leurs forces au sein de CAP-international, une coalition pour l’abolition de la prostitution regroupant 28 associations dans 22 pays. En France, on connaît plus particulièrement le mouvement du Nid.

Du côté de ceux qui jugent cette loi inefficace et inadaptée, voire dangereuse, on retrouve neuf associations dont Médecins du monde (MDM), le Strass-syndicat du travail sexuel. Pour eux, il s’agit de laisser l’aspect moral stricte de coté, pour se concentrer sur les résultats et les conséquences sur le terrain. Pour eux, cette mesure aggrave le problème. Des témoignages font états de clients plus nerveux et difficiles à gérer.

Rappelons tout de même, que si le Conseil constitutionnel est appelé à se prononcer, c’est suite à la saisie du Conseil d’Etat par non seulement 9 associations, mais aussi par cinq travailleurs du sexe. Ils contestent la conformité du texte avec le droit au respect à la vie privée et à la liberté d’entreprendre.

Nous n’aurons pas la décision, avant au moins la semaine prochaine, en attendant, le dernier sondage Ipsos, commandé par de CAP-international, montre que 71 % des Français se prononcent contre l’abrogation de ce texte. Cependant, le sondage révèle aussi une différence toujours présente, de perception de la prostitution chez les hommes et chez les femmes. Elles sont 20 % pour l’abrogation de la loi, alors que chez les hommes, ils sont 40 %. De plus, la prostitution reste un métier comme un autre pour 33 %, et seulement pour 22 % chez les femmes.

Crédit photo : david len