Avant de prendre des décisions, ou d’afficher un avis tranché, il est bon de bien préciser certains paramètres, et d’éliminer quelques « fakes news » parasites. Si la nécessité de réformer la SNCF peut apparaître indispensable, il faut le faire pour de bonnes raisons. Il ne faudrait pas, que cela tourne à une espèce de chasses aux sorcières, ou au lieu de faire le procès de l’institution pour envisager des réformes salutaires, on commence à faire le procès des personnes qui y travaillent pour une démolition voulue idéologiquement, et par une haine bien entretenue du service public.

Si la SNCF coûte de l’argent, ce n’est pas forcément parce qu’’elle fait travailler une bande de fainéants privilégiés. On pourrait aussi évoquer, des stratégies ferroviaires pas évidentes, imposées par les gouvernements à la SNCF, comme par exemple l’option du « tout TGV », qui a largement délaissé les petites lignes alors que l’état, depuis la Libération avait choisi de faire du rail un élément-clef de l’unité nationale. A ce propos, on peut souligner un paradoxe, qui veut qu’en pleine prise de conscience du changement climatique, revient sur la sellette, un transport en commun, moins polluant que bien d’autres, et pouvant être une alternative crédible.

Si le statut de cheminot peut apparaître aujourd’hui enviable, il faut tout de même vite éliminer certains fantasmes. Les cheminots touchent en moyenne toutes catégories confondues 2500 euros par mois. La fameuse “prime de charbon” n’existe plus depuis les années 1970, et la fin des locomotives à charbon. Par ailleurs, les mécaniciens n’ont jamais touché cette prime, seuls les conducteurs en bénéficiaient. En parlant des conducteurs, un conducteur de TGV, a certes un emploi à vie, mais d’une part, il faut rentabiliser une personne qui a fait une formation de près d’un an, et de plus, avouez que l’on ne peut quand même pas mettre un TGV et toutes les vies qu’il contient filant à plus de 300 km/h dans les mains d’un intérimaire en CDD.

Idem pour une soi-disant « prime d’absence de prime » qui n’a jamais existé. A ce propos, on doit saluer les efforts de certaines personnes, qui utilisent savamment un manque de mise à jour sémantique de la SNCF pour nous faire miroiter des avantages qui n’existent pas. En effet, certaines expressions ne sont pas à prendre à la lettre, le “dépôt de sac” désigne le droit de retrait des agents lorsque l’un de leurs collègues est agressé, la « prime de travail » représente en réalité le salaire. Il existe une prime de fin d’année, mais elle ne se rajoute pas, elle se substitue au 13e mois, qui n’existe pas à la SNCF.

On pourrait multiplier les exemples, il s’agit ici de bien déterminer le sujet, à savoir le futur de la SNCF. Chacun peut avoir des avis différents, sur les grandes orientations économiques, et les décisions politiques. Cependant, il ne faut pas tomber dans la diffamation, et les attaques envers l’ensemble du personnel, qui font comme tout le monde, leur travail plus ou moins bien, en essayant de tirer leur épingle du jeu. On peut leur accorder un statut par certains points enviables, mais pas de privilégiés à qui il faut couper la tête.

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