Jerome Kerviel_photo de Fête de l'humanitéToujours du nouveau dans “l’affaire Kerviel”, d’ailleurs à ce niveau-là, ce n’est plus une affaire, c’est une véritable “saga”. La cour d’appel de Versailles a suspendu jusqu’au 29 janvier l’audience civile sur les dommages-intérêts réclamés par la Société générale. Par ailleurs, l’ex-trader s’active aussi sur le front du pénal pour avoir un nouveau procès.

Du côté du civil, il s’agit d’examiner le degré de responsabilité de la banque dans l’un des plus grands scandales de la finance française, voire internationale. Jérôme Kerviel a été jugé seul coupable des transactions douteuses, ayant conduit à cette débâcle financière. Cependant, il est apparu à la plus haute juridiction française une faillite des mécanismes de contrôle de la banque. Celle-ci ne pouvait donc prétendre à un dédommagement couvrant intégralement ses pertes. La justice a donc annulé les dommages-intérêts que la Société Générale avait obtenus en première instance et que son ex-employé compense la perte annoncée en 2008 (4,9 milliards d’euros).

Il faudra attendre le 29 janvier pour savoir si la cour d’appel lance véritablement le procès, ou si elle attend que se clarifie la demande de révision pénale lancée par Jérôme Kerviel. La défense de Kerviel, estime que la justice a été “truquée” dans cette affaire, et mise sur un témoignage-clé. Une enquêtrice de la Brigade financière, Nathalie Le Roy, a affirmé avoir été “manipulée” par la banque. Dimanche soir, la thèse de Jérôme Kerviel avait été renforcée avec la publication dans la presse, de propos à charge pour la Société Générale. Ces propos sont attribués à une ancienne vice-procureure du parquet de Paris, Chantal de Leiris, et enregistrés à l’insu de cette dernière par Nathalie Le Roy.

Du côté de la Banque, l’un de ses avocats affirme que Nathalie Le Roy, “c’est un témoin tardif  qui n’apporte aucun élément objectif”, accusant le camp Kerviel de “manœuvres dilatoires” pour retarder le procès de l’indemnisation. Chantal de Leiris, qui avait suivi des enquêtes sur le dossier Kerviel, s’est fendue d’une mise au point dans Le Monde daté de jeudi, déclarant que “la Société Générale n’a pas eu prise sur elle, ni sur la Brigade financière”, dans les enquêtes sur l’affaire Kerviel.

A bientôt pour un nouvel “épisode” de cette “saga”.

Crédit photo :  Fête de l’humanité