En attendant votre choix et vos achats, l’enseigne de distribution Leader Price, a décidé d’abandonner le hard-discount. A la manière de ses autres concurrents, comme Lidl, Franprix ou Aldi, elle procède à une montée en gamme. D’après leurs analyses, les Français seraient de plus en plus enclins à faire attention à la qualité des produits. Il semblerait aussi que ces supérettes aient tout simplement du mal à soutenir la bagarre des petits prix avec les grosses enseignes.

A partir de maintenant, si vous rentrez dans un Leader Price qu’il faudra appeler “Next”, vous trouverez du bio, plus de frais et des produits étiquetés nature et santé. Les 120 magasins sur les 800 présents sur le territoire vont aussi changer de “look”. Vous ne déambulerez plus dans les rayons, mais vous accéderez aux “espaces” pour profiter de produits plus raffinés, mais aussi plus chers.

Depuis quelque temps, Lidl a par exemple créé, un espace boulangerie-viennoiserie dans ses magasins. De son côté, Franprix propose un espace traiteur, et une rôtisserie. Des produits de qualité comme certains vins circulent dans les “caves” de ces magasins, qui ressemblent de plus en plus à une épicerie fine.

Tout ceci ne se fait pas de gré et de cœur, et si les enseignes de hard-discount changent peu à peu leur logique commerciale, c’est tout simplement parce qu’elles n’y trouvent pas leur compte. Difficile en effet de lutter en matière de prix face par exemple à Leclerc. Les mastodontes de la grande distribution ont des arguments et des méthodes particulièrement efficaces pour obtenir des prix de leurs fournisseurs. Ils arrivent donc à vendre des produits encore moins chers avec des marques “premier prix”. Il devient très difficile pour les enseignes hard-discount de faire encore moins cher sur du long terme.

A cela, on peut rajouter aussi, que si ces magasins hard-discount misent sur la proximité, ils doivent faire face à des prix de loyers de centre-ville, qui plombent leur rentabilité. Ils sont donc obligés de changer de stratégie avec le risque d’un repositionnement mal perçu. A ce jeu-là, l’exemple des magasins Dia est significatif. Cette enseigne de hard-discount transformée en Carrefour Contact/Carrefour City, a misé sur la proximité et le service. Le consommateur n’a pas suivi, jugeant certainement que l’offre était désormais trop chère. Les 243 supérettes Carrefour tireront le rideau à la fin du mois.

Crédit photo : John Steedman