Stelios Haji-Ioannou_photo de Willian FaithfullVous connaissez le “discount”, le “hard discount”, et bien voici le “discout du hard discount”, autrement dit un destructeur de prix. Sir Stelios Haji-Ioannou, le fondateur d’easyGroup s’attaque à un tout nouveau marché, celui de l’alimentation avec easyFoodstore. Le principe est toujours le même, une prestation minimum pour un prix minimum.

La marque la plus connue du groupe est easyjet, mais il existe aussi easyBus et easyHotel, easyCar, easyMoney, easyGym et maintenant easyFoodstore. La boutique pilote a ouvert au nord-ouest de Londres. Comme on peut se douter, le look est pour le moins minimaliste. Tout est entreposé sur des étagères, une présentation sommaire, étiquetage sans fioriture. Le projet existe depuis 2014, mais il n’a été concrétisé que cette année. Tous les produits à 25 pence, soit 33 centimes d’euros, ce prix unique semble incroyable, il devrait tout de même augmenter à 50 pences, soit 70 centimes, car il s’agit d’une opération spéciale et limitée dans le temps pour attirer le plus de clients à l’occasion du lancement.

Ce magasin vise à s’attaquer au marché de la distribution alimentaire à bas prix, et se porte directement en concurrence avec les Allemands qui dominent le marché, notamment Aldi et Lidl. Pour les fondateurs, il s’adresse aux travailleurs pauvres qui n’ont pas accès aux banques alimentaires, mais qui n’auraient pas les moyens de faire leurs courses dans les magasins de hard-discount. Tout ceci semble très social, mais il faut quand même se rappeler qu’une partie des profits réalisés par les différentes sociétés de Stelios Haji-Ioannou (77 millions de livres en 2015) sont défiscalisées aux îles Caïman. Le patron d’EasyGroup possède d’ailleurs son domicile principal à Monaco.

Pour obtenir des prix aussi bas, Easyfoodstore dit se fournir, auprès de la société Euro Shopper, une centrale d’achat néerlandaise qui appartient au groupe AMS, société à but non-lucratif qui opère dans une dizaine de pays en Europe. La société qui vend les mêmes produits sur son site internet compte ouvrir de nouveaux magasins, mais n’a pas de projets de développement à l’international.

On peut tout de même avoir quelques doutes, avec ces tarifs-là, sur la qualité des produits et leur provenance. La société ne communique pas non plus beaucoup sur les conditions de travail des employés. Si le hard discount est en plein essor au Royaume-Uni, en France, il est plutôt sur le déclin. Lidl, par exemple, a décidé depuis 2012 des changements pour sortir de ce marché étriqué.

Crédit photo :  Willian Faithfull