La question se pose dans de nombreux pays européens dans le cadre plus général de la lutte contre les châtiments corporels sur les enfants. En France, le sujet revient régulièrement sur le devant de la scène, et récemment la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, s’est prononcée à titre personnel en faveur d’une proposition de loi.

Plus officiellement, un texte défendu par l’élue MoDem, Maud Petit (Val-de-Marne), et cosigné par des députés du Parti communiste et de La France insoumise, doit être examiné en commission des lois le 21 novembre, et en séance le 29 novembre.

Rappelons-nous, que la dernière initiative en la matière n’avait pas complètement abouti. En effet, l’article 22 du projet de loi “égalité et citoyenneté” adopté le 22 décembre 2016 qui interdisait les “traitements cruels et dégradants”, y compris les “violences corporelles”, a été censuré par le Conseil constitutionnel, car il avait été jugé sans rapport avec la loi.

Nous restons donc avec un “droit de correction” des enfants limité au cadre familial. En dehors de ce cadre, à l’école ou à l’armée, les punitions corporelles sont interdites. De fait, en mars 2015, la France a été condamnée par le Conseil de l’Europe, car “elle ne prévoit pas d’interdiction suffisamment claire, contraignante et précise des châtiments corporels”.

Au niveau mondial, 54 pays interdisent tous châtiments corporels à l’encontre des enfants, selon le recensement de l’association End Corporal Punishment of Children.

Les Européens sont pionniers en la matière, surtout dans les pays du Nord puisque la Suède fut le premier pays à faire entrer dans la loi l’éducation non-violente dès 1979, suivie rapidement par ses voisins finlandais (1983) et norvégien (1987).

Le principe, est aussi mis en place dans de nombreux pays d’Amérique latine comme l’Uruguay, le Venezuela en 2007, suivis du Costa Rica, du Honduras, du Brésil et de l’Argentine et dans plusieurs pays d’Afrique Togo, Kenya, République du Congo, Soudan du Sud.

A noter, la réticence globale des pays anglophones, car les Etats-Unis et le Royaume-Uni s’y refusent. Parmi les Etats américains, 19 autorisent même les punitions physiques dans les écoles.

Crédit photo : Hal Gatewood