Lentement, mais sûrement, nous assistons à un glissement et une variation de l’attitude de la population française face au cannabis. Selon une enquête de l’Ifop pour Terra Nova et ECHO Citoyen, intitulée “De la condamnation à l’ouverture”, de plus en plus de Français se montrent moins réticents à l’autorisation du cannabis. Ils conditionnent cela, avec un cadre strictement régulé par l’État.

Ce sondage et cette enquête vont nourrir le débat sur l’usage du cannabis, qui a été relancé ces dernières semaines avec la volonté de mettre en place par le gouvernement une “amende forfaitaire délictuelle” d’un montant de 300 euros, dans le cadre du projet de loi sur la réforme de la procédure pénale. De plus, la ministre de la Santé Agnès Buzyn, a concédé un “retard” français sur l’usage thérapeutique du cannabis, indiquant avoir lancé “le débat” avec les institutions responsables du développement des médicaments.

L’enquête révèle, que c’est maintenant légèrement plus de la moitié des Français, 51 % très précisément, qui seraient ainsi favorables à “une régulation et un encadrement du cannabis”. Cette courte majorité souhaite dans le même temps, que les autorités publiques fixent “des règles concernant sa production, sa distribution et sa consommation tout en maintenant son interdiction dans certains cas“, comme c’est déjà le cas pour d’autres produits comme le tabac et l’alcool. Pour le think tank Terra Nova et ECHO Citoyen, qui se positionne favorablement à la légalisation et contrôle du cannabis, cette étude révèle une “opinion qui a évolué ces dernières années de la condamnation à l’ouverture et se trouve aujourd’hui à un point de bascule“.

L’utilisation du cannabis à usage médical encadré sur ordonnance, fait aussi son chemin, car 82 % des sondés se déclarent aussi favorables à l’autorisation du cannabis à usage médical encadré, sur ordonnance.

Cette évolution de l’utilisation du cannabis est motivée d’une part, par une vision moins dangereuse du produit et surtout guère plus que l’alcool ou le tabac classique. Sur une échelle de 1 à 10, les Français le jugent désormais à peine plus dangereux (7,8/10) que l’alcool (7,7/10), et moins que le tabac (8,2/10). D’autre part, les Français jugent de plus en plus, que les politiques et les moyens de répression actuels sont inefficaces. Beaucoup pensent, que ce n’est plus la peine de perdre du temps, de l’énergie et de l’argent pour maintenir un statu quo dépassé. Il serait plus adéquat d’imaginer des politiques alternatives.

La majorité des sondés, c’est-à-dire 64 % estiment qu’il faut changer les lois actuelles et 70 % sont favorables à un débat sur le sujet.

Crédit photo : Marie-Hélène Cingal