Soyons honnête, lorsque l’on évoque l’exploration des grands fonds marins, le premier nom qui vient à l’esprit, c’est le commandant Cousteau. Évidemment, les choses ont largement évolué, car d’autres Français se distinguent dans ce domaine. Un couple, a fondé les “Expéditions Under the pole”. Dans ce cadre, Ghislain Bardout et Emmanuelle Perié-Bardout, sondent les océans pour en améliorer la connaissance. Ils utilisent une capsule, bien plus perfectionnée que celle de notre vénérable commandant, qui permet de rester plusieurs jours sous l’eau.

Une meilleure connaissance des océans est un enjeu important de ce siècle. Elle doit permettre de mieux en profiter, tout en préservant ses spécificités. Les influences de ces grands fonds marins sont vastes et loin d’être complètement appréhendées. C’est pour cela, que depuis plus de dix ans, Ghislain Bardout et Emmanuelle Perié-Bardout, spécialistes des plongées extrêmes et profondes, sondent les océans aux quatre coins du monde. Ils sont pour cela, accompagnés de divers spécialistes, dans différents domaines.

Pour cela, ils utilisent une capsule immersive qu’ils ont fait construire dans leur camp de base, à Concarneau. Elle permet de rester au moins trois jours en profitant d’une vue à 360°. Il s’agit d’une capsule de 3,20 mètres de long pour 1,5 mètre de diamètre. Du coup, le confort est réduit à son minimum. Trois couchettes accrochées aux parois en aluminium.

De toute façon, l’important est ailleurs. Emmanuelle Perié-Bardout, avoue que tout ceci est physiquement éprouvant. Néanmoins, elle explique “on parvient à se fondre dans le décor, un peu comme un photographe naturaliste essaiera de se camoufler pour saisir des loups dans leur milieu naturel. J’ai l’impression d’avoir plus appris sur le comportement de certains de ces animaux sous-marins lors de ces trois jours dans la capsule qu’en quinze ans de plongée sous-marine“.

Cette capsule est un nouveau moyen de gagner du temps, si précieux dans cette recherche sous le niveau des océans, entre la surface et 150 mètres de profondeur. Une plongée classique aussi longue soit-elle, ne dépasse pas quelques heures de présence. En effet, les mouvements générés influent et perturbent le milieu marin à explorer, ce qui a pour effet de troubler l’observation.

Pas le temps de se reposer sur ses lauriers. Pour les “Explorations Under the pole” va commencer alors le temps du retour d’expérience. Un passage primordial pour sa survie. En effet, tout ceci est aussi une histoire d’argent. La capsule et le projet doivent montrer tous leurs intérêts, pour séduire de nouveaux investisseurs. Une nouvelle plongée dans le monde de la finance, où les requins ne sont pas simplement des animaux gentiment observés.

Crédit photo : Frédéric BERTHIER