En ces temps, où la consultation populaire est à la mode et de plus en plus demandée, en voilà une qui vient d’être effectuée. Certes, le sujet n’est pas vraiment d’une importance capitale, mais tout de même. 2 millions de personnes ont donné leurs avis sur le changement d’heure et 80 % sont pour y mettre fin. Parmi elles, une majorité est pour adopter l’heure d’été.

Inoxydable sujet de débat familial et véritable marronnier journalistique, le changement d’heure a donc fait l’objet d’une consultation citoyenne organisée par l’Assemblée nationale. Cette consultation, comme son nom l’indique, n’a pas de conséquence directe, c’est une indication dont le résultat sera transmis aux institutions européennes. En effet, l’idée de base de cette consultation n’est pas nationale, mais elle a été lancée par la commission des Affaires européennes.

Signe des temps ou sujet jugé intéressant par les gens, ce sont 2 103 999 réponses qui ont été obtenue entre le 4 février et le 3 mars. Cela constitue un record absolu pour une telle consultation. En règle générale, on doit se contenter à quelques milliers voire dizaines de milliers.

Si on détaille un peu les résultats, ceux-ci montrent que 59,17 % des répondants choisissent de toujours rester à l’heure d’été, contre 36,97 % favorables à l’heure d’hiver. On retrouve des tendances similaires de la part de l’ensemble des Européens face à ces choix. Une consultation similaire portant sur 4,6 millions de participants au sein des pays européens, avait débouché sur 56 % des votants, dont la France à 52 % favorables, pour conserver l’heure d’été, contre 36 % pour l’heure d’hiver. Par contre, certains pays, surtout nordiques, comme la Finlande, le Danemark et les Pays-Bas, se sont positionnés pour l’heure d’hiver.

De fait, nous sommes nombreux à découvrir d’ailleurs que ce type de consultation existait. Elle va constituer un élément supplémentaire pour tendre vers une nouvelle directive qui mettrait fin à ces changements et qui permettrait aux Etats membres de choisir leur fuseau horaire. La date envisagée pour abandonner ce système ne sera pas avant 2021, car cela sous-entend de nombreux paramètres à prendre en compte.

On pourrait donc voir la fin de cette parenthèse, instaurée initialement en France en 1976, pour faire des économies d’énergie. Celle-ci, n’avait pas fait l’objet d’un référendum et devait être provisoire. Elle a rappelé alors de mauvais souvenirs a certains, car en 1940 sous l’occupation, la France a déjà dû pratiquer ce changement horaire, pour se mettre à l’heure allemande avec une différence entre zone libre et zone occupée. Ses détracteurs invoquent des effets négatifs sur le sommeil et la santé, ainsi que l’absence de réelles économies d’énergie.

Ce changement horaire faisait donc partie des sujets de grogne récurrents deux fois dans l’année.

Crédit photo : frank park