Les innovations techniques continuent de changer nos habitudes et dans le domaine des médias, tout s’accélère plus particulièrement. Aux États-Unis, on assiste à une spectaculaire chute des abonnements à la télévision payante, en faveur des services de vidéo à la demande.

Selon une étude du cabinet eMarketer, ils seront 33 millions d’ici la fin 2018, soit 33 % de plus en un an. Preuve de l’importance du phénomène, il a même un nom, cela s’appelle le « cord cutting ». Comme une simple traduction l’indique, il s’agit des consommateurs qui décident « de couper le câble », et de résilier leurs abonnements à la télévision (via le câble, le satellite et les offres des opérateurs télécoms). Ces consommateurs se tournent vers les services de vidéo à la demande comme Netflix ou Amazon. Il s’agit d’une très forte progression, puisqu’en juillet 2017, eMarketer n’envisageait qu’une hausse de 22 %.

Le temps de la télévision généraliste, même remaniée semble donc irrémédiablement compté. Le cabinet précise, « 186,6 millions d’adultes américains regarderont la télévision payante en 2018 ». Ils seront 3,8 % de moins par rapport à l’année dernière. Ce sont, les fournisseurs de télévision par satellite, suivis par les opérateurs télécoms, qui subiront les plus fortes baisses de clients.

Toutes les tentatives des principaux fournisseurs traditionnels de télévision, n’arrivent pas à endiguer le mouvement. Ils ont beau avoir signé des partenariats avec Netflix pour l’intégrer à leurs offres, ces accords récents n’ont pas d’impact significatif sur leurs taux de désabonnements cette année. Les spécialistes pensent que ce type de partenariats entre les acteurs de la télévision payante et les plateformes de vidéo à la demande, devraient permettre aux premiers de freiner un peu leur perte d’abonnés, mais pas de les arrêter.

Selon eMarketer, c’est la capacité de Youtube, Netflix, Amazon ou Hulu, de proposer toujours plus de contenus originaux (séries, films et autres documentaires) qui fait leur succès. Il est fort à parier, que la tendance va aussi se faire sentir chez nous.

Crédit photo : Randy Nak