Au départ, c’est une simple constatation, en 11 ans, le nombre de cas d’allergie aux arachides, a triplé en passant de 1 pour 250 enfants à 1 pour 70. Et puis, il y a les cas tragiques, comme celui de cette adolescente de 15 ans, décédée après avoir mangé un sandwich, qui contenait des graines de sésame. Tout cela, fait écho aux recherches du Dr. Scott Sicherer, qui s’est penché sur les raisons qui pouvaient expliquer ce phénomène.

Le Dr. Scott Sicherer, travaille au Jaffe Food Allergy Institute à l’Hôpital Mount Sinaï de New-York (Etats-Unis). Il avance plusieurs explications concernant cette recrudescence de cas.

Dans un ouvrage intitulé, Food Allergies : A Complete Guide for Eating When Your Life Depends on It, il explique la  « théorie de la propreté » comme cause possible de cette augmentation de cas d’allergies aux cacahuètes. En effet, les allergies surviennent lorsque le système immunitaire réagit très vite, anormalement et de manière spécifique au contact d’une substance qu’il considère comme étrangère.

Donc le docteur Scott Sicherer, met en avant une tendance, consistant à surprotéger les enfants contre la saleté, qui affaiblit en fait leur système immunitaire. Celui-ci, a de plus en plus de mal à reconnaître et hiérarchiser les risques potentiels.

A première vue, de manière paradoxale, il préconise une exposition précoce aux cacahuètes, qui pourrait permettre d’éviter de développer une allergie. L’année dernière, les NIH (les Instituts américains de la santé) conseillaient aux parents d’introduire dans l’alimentation de leurs bébés (dès 4 à 6 mois) des ingrédients contenant de l’arachide.

Une solution sera peut-être bientôt trouvée, avec la découverte d’un vaccin, ou au moins la mise en place de nouveaux traitements. En attendant, en France, Jocelyne Just allergologue à l’hôpital Trousseau à Paris, présidente de la Société française d’allergologie, explique « chez les jeunes enfants, c’est l’une des allergies les plus fréquentes : chez les nourrissons, 90 % des allergies sont dues aux œufs, au lait et à l’arachide“.

Circonstances aggravantes, il faut bien avouer, que de plus en plus les arachides, ou des traces de ces dernières, sont présentes mêmes là, où on ne les attend pas.

Crédit photo : Ana-elle