En septembre, a eu lieu la journée mondiale pour le droit à l’avortement, ce fut l’occasion de revenir sur le parcours de cet acte particulièrement fort et difficile. Difficile tout d’abord, pour ces femmes qui en arrivent à cette extrémité, et qui doivent en assumer les conséquences physiques, mentales, mais aussi morales. En effet, le sujet dépasse le cadre privé et reste souvent un enjeu et un curseur de société.

De fait, lorsque l’on parcourt un peu le monde, on s’aperçoit de la très grande diversité de positions face à l’IVG. Par contre, une constante demeure, le droit à l’avortement reste encore fragile dans de nombreux pays du monde. Inutile de parler de pays à très forte influence religieuse où la question ne se pose pas. L’idée même d’avortement est proscrite. Ailleurs, le vent souffle dans des sens bien différents. Par exemple, aux Etats-Unis une vague réactionnaire souffle et de nombreux Etats, ont clairement pris des dispositions, pour de nouveau limiter le droit à l’avortement.

Si on se rapproche un peu plus de la France, l’espace européen propose une très grande variété d’attitudes et de réglementations. Cela va des plus répressifs comme à Malte. Dans cette grande île de la Méditerranée, l’IVG est tout simplement prohibé, quelles que soient les circonstances. Des peines de prisons sont prévues pour celles qui se font avorter.

L’avortement est encore illégal en Irlande du Nord, sauf si la grossesse menace la vie de la mère. Là aussi, une loi datant de 1861 prévoit une peine d’emprisonnement à vie pour les contrevenantes. On peut aussi s’étonner, que l’avortement soit encore interdit dans les principautés d’Andorre et de Monaco. Cependant, la législation s’assouplit, et il est prévu des exceptions en cas de grossesse à risque pour la femme, de viol et de trouble irréversible du fœtus.

En cela, elles rejoignent le positionnement de la Pologne ou Chypre. En Pologne, si l’IVG était autorisée jusqu’en 1993, elle n’est aujourd’hui permise qu’en cas de viol, d’inceste et de malformations fœtales graves. Le pays, fait comme aux Etats-Unis et semble revenir sur des acquis. Dans ce pays très catholique, le recours à l’avortement a finalement été interdit en cas de grave malformation du fœtus. Or, cela concerne 96 % des avortements pratiqués légalement en Pologne en 2016.

C’est une législation plus ouverte, mais très encadrée dans d’autres pays. En Finlande par exemple, l’IVG n’est en théorie légale qu’avant 17 ans, après 40 ans, après quatre enfants ou si la femme justifie de réelles difficultés économiques, sociales, ou de soucis de santé.

Pour les femmes britanniques, il faut l’avis de 2 médecins pour avoir le droit à une IVG pour raisons médicales ou sociales.

Notons, que les freins à l’avortement dans certains pays ne sont pas que législatifs. Certains pays, ont une législation non-contraignante, cependant, sur le terrain les femmes se heurtent d’abord à des manques de moyens, ou encore certains médecins qui font valoir leur clause de conscience pour refuser de pratiquer une IVG.

Crédit photo : Patrick Vandecasteele