CHU de Pontchaillou_photo de KarmineHélas, la situation ne s’arrange pas pour l’état de santé des patients hospitalisés dans le cadre de l’essai clinique d’une molécule conçue par Bial, un groupe pharmaceutique portugais. Le patient en état de mort cérébrale est décédé au CHU de Rennes a indiqué le Centre hospitalier universitaire, celui-ci précise que “l’état de santé des cinq autres patients hospitalisés reste stable”.

Toutes ces personnes, âgées de 28 à 49 ans, ont toutes participé à l’essai clinique d’une molécule conçue par Bial, un groupe pharmaceutique portugais, et réalisé par le laboratoire Biotrial, un établissement privé agréé par les autorités. Ils font partie d’un essai, qui concerne un groupe de quatre-vingt-dix “volontaires sains”, originaires de l’ouest de la France. Tous ont été contactés “pour une prise en charge rapide“, selon le CHU. Dix d’entre eux ont été examinés, aucun ne présente “danomalie“.

Sur ces cinq patients, quatre présentent des troubles neurologiques de gravité différente. “On ne peut pas faire aujourd’hui un diagnostic définitif“, avait expliqué vendredi le professeur Pierre-Gilles Edan, médecin-chef du pôle de neurosciences du CHU, précisant qu’aucun de ces quatre patients n’était dans le coma. Ce groupe de six patients était uniquement composé d’hommes, ils ont reçu, la même dose du médicament, une dose supérieure à celle absorbée par les 84 autres volontaires participant à ce test.

Biotrial, qui a réalisé ces tests pour le compte du laboratoire portugais Bial, a été créé en 1989. Il avait fait l’objet de deux inspections de routine en 2014 qui avaient donné des résultats positifs. Trois enquêtes sont en cours pour tenter de comprendre les raisons de cet accident. Le directeur général de Biotrial, François Peaucelle, a adressé ses condoléances aux proches de la victime. Il a assuré que “nous mettons tout en œuvre, avec les autorités sanitaires, pour comprendre cette situation et les origines de cet accident”. Dans un communiqué, le laboratoire a par ailleurs annoncé sa décision de “proposer, en relation avec la communauté scientifique internationale, le cas échéant, des évolutions des standards encadrant ces essais”. Il va également créer “immédiatement un comité scientifique de référence afin de rechercher l’origine de cet accident”. 

Il n’est pas sûr que cela atténue la peine des familles, et les polémiques sur le bien-fondé de ces essais cliniques qui se font jour autour de ce drame. Il convient de respecter les personnes et les familles touchées et aborder de manière sereine les choses, sans oublier que chaque année, des milliers de volontaires participent à des essais cliniques et les accidents recensés sont très rares, mais aussi que la recherche scientifique n’est pas au-dessus de la morale.

Crédit photo : tarmine