EComme on pouvait s’y attendre, la réaction d’Erdogan après le coup d’État est sans appel. 6 000 personnes ont été arrêtées et 2 700 juges limogés, il faut s’attendre à une reprise en main terrible du pouvoir en place. Il pourrait même en profiter un peu pour faire taire de vieux opposants, et mettre en place des procédures bien utiles pour asseoir un peu plus son pouvoir.

Dans la magistrature, par exemple, ces destitutions ne concernent pas que des juges favorables au putsch, mais aussi, ceux qui se sont montrés trop critiques envers le président. Du côté de l’armée, c’est un peu plus flou, le Premier ministre Benali Yildirim avait évoqué samedi l’arrestation de 2 839 militaires impliqués, puis on est passé selon le ministre de la Justice à 6 000 arrestations. Il semblerait de plus, que le “nettoyage continue“. Le commandant de la base turque de l’OTAN à Incirlik a été arrêté avec 10 soldats. Le conseiller militaire de la présidence lui-même a été placé aux arrêts dimanche après-midi.

Le Président turc, semble ne pas vouloir manquer l’occasion pour renforcer son pouvoir, et le caractère autoritaire de ce dernier. Très vite, les accusations se sont tournées vers Fethullah Gülen le vieil adversaire en exil d’Erdogan, qui a demandé aux États-Unis l’extradition de Fethullah Gülen, installé en Pennsylvanie. De son côté, le secrétaire d’État des États-Unis, John Kerry, a demandé des “preuves” de l’implication de Fethullah Gülen dans la tentative de putsch. Il a rappelé, que son pays a soutenu le président vendredi soir et qu’il aiderait Ankara dans son enquête. Fethullah Gülen, quant à lui, il a laissé entendre dans un entretien au New-York Times, que le pouvoir turc pourrait avoir lui-même organisé le putsch. “Certains dirigeants organisent de faux attentats-suicides pour renforcer leur pouvoir, et ces gens ont ce genre de scénarios en tête”, a affirmé le prédicateur.

Dans un autre ordre d’idées, il est question du rétablissement de la peine de mort. Un débat sur le sujet devrait avoir lieu au parlement et une motion dans ce sens sera déposée par l’AKP. La Turquie risquerait alors l’expulsion du Conseil de l’Europe et les négociations pour l’adhésion à l’UE, seraient compromises.

Au bout du compte, avec un bilan de 265 morts et 1 440 blessés, ce coup d’État, qui n’apparaît bizarrement pas très bien préparé, était voué à l’échec. Un président qui reprend la main à l’aide des réseaux sociaux, cela donne une impression de “pas sérieux”. Reste que les morts sont au bout du compte le plébiscite recherché par le président Turc pour asseoir son autorité et faire le ménage “ça, c’est hélas du très sérieux”.

Crédit photo : asyraf rahman