Et les nominés sont…à 20h 15 sur tf1, 23 +7 noms sont sortis de la bouche du sélectionneur de l’équipe de France, dans une mise en scène, et un suspense qui fait passer le festival de Cannes pour de la rigolade. La chaîne a affecté une salle sécurisée pour la circonstance afin d’éviter les fuites. Pour le reste, comme on pouvait s’y attendre avec Didier Deschamps, pas de surprises. Les idées directrices sont le groupe, et l’expérience.

Pour Didier Deschamps, le “collectif” est la base de sa construction. Il garde toujours en mémoire qu’Aimet Jacquet avait fait ce choix en privilégiant sa génération au détriment de Cantona, star de l’époque, mais à la gestion plus difficile. Rien ne doit perturber, ce “collectiviste” qui a donc éliminé comme à son habitude, les éventuels conflits en ne sélectionnant pas les personnes. Exit donc par exemple, Karim Benzema, Mathieu Valbuena rattrapé par l’affaire de la sextape ou Samir Nasri autrefois.

Concernant l’expérience, Antoine Griezmann pour l’Atlético de Madrid, Raphaël Varane pour le Real intégreront le groupe sans problème. Il explique la priorité donnée à André-Pierre Gignac et Olivier Giroud par rapport à Kévin Gameiro. Le vécu et l’expérience expliquent aussi, le maintien de Jérémy Mathieu, Lucas Digne plutôt que Layvin Kurzawa à gauche, et les choix défensifs en général.

Reste le cas Ben Arfa, qui a réalisé la meilleure saison de sa carrière avec l’OGC Nice. D’ailleurs, à la lumière des résultats de Newcastle qui descend en division inférieure cette année, on peut penser que sa piètre prestation avec ce club n’était pas simplement de son ressort (cela fait un peu penser à David Ginola). Nous arrivons là, sur un autre grand principe de Didier Deschamps, sa confiance. Il a lui-même précisé que « J’ai fait confiance à des joueurs qui me l’ont rendue. Je ne me voyais pas les priver de la compétition ». C’est pour cela que Moussa Sissoko, pourtant dans un club à la dérive (Newcastle, décidément..) est toujours là.

Collectif, confiance, expérience, fidélité, travail, abnégation plutôt que spontanéité, talent, créativité. Ce côté, un peu vieille France, c’est décidément la marque de fabrique des sélectionneurs Français (Lemerre, Blanc, Deschamps) qui maintiennent une idée directrice qui a marché en 1998. Il faut dire que le triste épisode Domenech plaide dans ce sens.

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