Pas vraiment content, le président de la Fédération Française de Rugby Bernard Laporte, après la troisième sévère défaite du XV de France en Afrique du Sud. Le président a décidé de prendre les choses en main, et peut-être même, de se mêler de ce qui ne le regarde pas directement.

Il y a de l’ultimatum dans l’air dans sa dernière déclaration, “novembre sera déterminant, a lancé le président de la FFR. On ne peut plus voir une équipe de France qui ne gagne pas, ce n’est pas possible. Donc automatiquement, tôt ou tard, il faudra faire quelque chose“. Les échéances du mois de novembre vont donc s’avérer primordiales, avec un tournée qui comprend deux fois les All Blacks (11 et 15 novembre), l’Afrique du Sud (18 novembre) et le Japon (25 novembre). L’objectif est de gagner trois matches sur quatre. “Si on n’a pas cette ambition, alors il ne faut pas venir en équipe de France“, précise Bernard Laporte.

Bernard Laporte, élu en décembre 2016, met donc directement la pression sur Guy Novès et ses adjoints (Yannick Bru et Jean-Frédéric Dubois). Guy Novès, avait notamment promis un changement de style de jeu du XV de France, davantage porté vers un jeu plus ouvert aux grands espaces. Cependant, comme ses prédécesseurs (dont Bernard Laporte lui-même 2000-2007), Novès s’est retrouvé confronté aux problèmes classiques du rugby français, et notamment à la présence massive de joueurs étrangers en Top 14.

Le taux de victoires le plus faible de l’histoire du XV de France (38 %, 7 en 18 matches) avait entraîné une première intrusion de Bernard Laporte dans le domaine sportif. Il fut question du manque d’implication de certains joueurs. Il s’était adressé aux joueurs juste avant le deuxième match, le 18 juin à Durban. Guy Novès, n’a pas pu s’empêcher de faire remarquer, “ce n’est pas un simple discours qui transforme un individu”.

Pas de quoi calmer Bernard Laporte, qui remet ça. Il a indiqué qu’il souhaitait s’entretenir rapidement avec l’encadrement du XV de France. Il déclare aussi, “je suis un ancien sélectionneur, il y a des choix qu’ils font, que moi, je n’aurais pas fait. Je veux qu’on en discute. Encore une fois, je ne veux surtout pas interférer. Mais la chance d’un staff d’avoir un président qui connaît le rugby et qui est un ancien sélectionneur, il faut que ce soit une valeur ajoutée. Je veux discuter avec eux et surtout pas interférer dans leurs choix, mais il y a des choses qui m’interpellent“.

Signalons tout de même, que dans le management, quand un supérieur s’occupe de faire le travail de ses employés, c’est premièrement qu’il a peut-être mal choisi ses employés, a mal expliqué ses consignes ou tout simplement qu’il ne sait pas bien faire le sien.

Crédit photo : Philippe MARC