éoliennesAlors que la société civile a été largement associée au processus du débat national sur la transition énergétique, certains acteurs ont finalement pris leurs distances avec la méthode de la démocratie participative. C’est notamment le cas de l’un des membres du comité de pilotage du DNTE, Bruno Rebelle ; l’ancien directeur de Greenpeace s’épanche sur les fruits des négociations dans les colonnes du journal Le Monde, Energie : la transition dont ils ne veulent pas. L’énergie éolienne est sans doute la plus caractéristique de cette méthode ! Alors qu’elle n’est pas spécialement privilégiée aux Etats-Unis, les américains réussissent à développer cette technologie, tandis que dans la France de Hollande, le syndrome NIMBY l’emporte souvent…

La méthode de la concertation, un échec criant ?

L’analyse de Jean Marc Jancovici dans Les EchosEnergie : un débat pour rien, atteste aussi du succès mitigé de cette technique de la concertation. Encore récemment, le départ des syndicats de la grande conférence sociale montre qu’il existe un hiatus persistant entre la volonté de dialoguer et l’efficacité de la décision dans le domaine public.

Cela se confirme d’ailleurs outre-atlantique, où bien que la communication gouvernementale n’insiste pas particulièrement sur la concertation, de nombreux champs d’éoliennes arrivent à voir le jour. Dernier exemple en date, au Texas « la centrale solaire Spinning Spur II vient d’être équipée de 87 éoliennes General Electric de 1,85 MW par unité et devrait répondre aux besoins en électricité de près de 44.000 foyers américains ».

Le syndrome NIMBY affecte les ENR

Qui plus est, son application dans le cadre de la politique énergétique est particulièrement sensible avec le développement du syndrome NIMBY (Not In My Back Yard). Apparu d’abord aux Etats-Unis dans les années 60’s, il caractérise « l’opposition de populations riveraines à l’implantation ou à l’extension d’une nouvelle installation ». C’est sans doute la raison pour laquelle les pouvoirs publics ont compris le danger d’instrumentaliser la concertation…

En France, depuis l’arrivée des socialistes au pouvoir, le président incapable de trancher se réfugie régulièrement derière la consultation, au point d’exaspérer parfois son propre électorat. Même dans le monde associatif, certains projets passent de plus en plus mal malgré l’accord de l’Elysée. C’est notamment le cas dans la commune d’Antoigné, où Bernadette Kaars, présidente de l’association Vent d’Anjou explique : « Une éolienne, c’est un monstre de 120, parfois 150 mètres de haut, qui tourne même la nuit, fait du bruit et clignote (…) Vivre au quotidien avec l’une de ces machine devient vite un enfer »…