En matière de justice, nos yeux d’Occidentaux ont souvent du mal à accepter certaines méthodes de la justice chinoise. Celle-ci, a tendance à avoir moins de scrupules sur les moyens employés. Un tribunal chinois utilise une application sur smartphone, pour “humilier” les personnes fortement endettées, et ainsi les forcer à payer.

Une nouvelle conséquence de la puissance des réseaux sociaux. Tik Tok ou Douyin, de son nom chinois, est une plateforme chinoise, particulièrement populaire, qui permet notamment de réaliser ses propres mini-clips musicaux. Début 2018, Tik Tok peut s’enorgueillir d’être l’application la plus téléchargée du monde sur iOS grâce évidemment en majeure partie à son énorme popularité sur le continent asiatique.

Cette constatation a donné une terrible idée à un tribunal du district de Nanning, la capitale de la région autonome zhuang du Guangxi, en Chine, pour forcer ses habitants à s’acquitter de leurs dettes. L’institution a tout simplement décidé de diffuser les informations des “mauvais payeurs” sur le réseau social. Le tout, dans une vidéo agrémentée d’une superbe musique, cela change tout.

C’est ainsi, que le 20 juin dernier, un homme endetté s’est présenté au tribunal pour régler une somme équivalente à environ 67 000 euros. Il avait honte de voir son nom et sa photo d’identité judiciaire, ainsi que son numéro de carte d’identité dans un clip vidéo Tik Tok. Il a déclaré à l’occasion, “tous mes amis ont pu voir la vidéo”. En postant deux vidéos d’emprunteurs défaillants, les likes ont commencé à fuser et les clips à se répandre de manière virale.

Attention, les autorités ne s’arrêtent pas là, elles promettraient également une récompense à celles et ceux, qui fourniraient des indices afin de retrouver les accusés, selon le journal Peoples Daily qui a mis en avant cette pratique. L’info a été reprise par Quartz, qui précise que le tribunal en question est loin d’être la seule entité gouvernementale sur Tik Tok. Plus de 500 organisations du Parti communiste chinois y sont par exemple présentes.

Nous savons maintenant, que la frontière entre connexions, dénonciations et humiliations, est extrêmement fragile, voilà de quoi faire réfléchir !

Crédit photo : 陶 钧