Emmanuel Macron_photo de OECDMardi, le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, a déclaré vouloir “accroître la part de mérite” dans la rémunération des fonctionnaires. Il s’est empressé de préciser qu’il s’agissait “d’une conviction personnelle”. Cependant, c’est un même son de cloche chez Marylise Lebranchu, la ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique, qui a réagi positivement à la mise en place d’une expérimentation sur le salaire au mérite, à Suresnes en région parisienne. “C’est une bonne idée, et elle a été discutée avec les organisations syndicales” a précisé la ministre.

Pour le ministre de l’Économie, il est clair que la performance des employés du secteur public ne peut pas être mesurée comme dans le privé. Il s’agit pour Emmanuel Macron de “réfléchir à la modernisation du cadre“, car on a besoin de fonctionnaires. Le statut de la fonction publique garanti, la neutralité et l’impartialité des fonctionnaires, indispensable au bon fonctionnement d’un État moderne. Cependant, cela ne veut pas dire que tout est figé et immuable. “Il y a beaucoup de fonctions que l’on donne à des fonctionnaires qui pourraient l’être par des gens qui ne le sont pas. Et on garantit des emplois à vie parfois de manière indue, sans même passer par des concours. Et ça, ce n’est pas juste”, a affirmé le ministre.

Du côté de la ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique, on se veut rassurant en précisant “qu’évidemment il ne s’agit pas de conditionner leur traitement au mérite, mais leur régime indemnitaire”. Deux conditions au minimum doivent être réunies, une concertation avec les syndicats et que cette prime puisse être perçue pour les travaux d’équipe.  “Soyons sereins, on a besoin d’eux, mais s’ils font plus que ce qu’on leur demande, s’ils ont une grande capacité d’initiative, pourquoi arrêterait-on leur carrière et leur rémunération ?”.

En tout cas, la prise de position du ministre de l’Économie va une nouvelle fois susciter de nombreuses réactions, et notamment du côté du PS après la polémique de septembre. Plusieurs médias, ont rapporté des propos tenus en petit comité lors d’un débat par le ministre. Il avait indiqué que le statut de fonctionnaire n’était “plus justifiable“. Martine Aubry notamment n’avait pas été tendre avec l’hôte de Bercy. Il en est de même pour des réactions sur les réseaux sociaux après sa déclaration, sans parler de certains syndicalistes qui prédisent tout simplement le début de la fin de la fonction publique.

Crédit photo :  OECD