Le ministre de l’Économie Emmanuel Macron a lancé, mercredi 6 avril, son propre mouvement politique, “En marche”. Loin d’être une simple anecdote, cela suscite de très nombreuses réactions, surtout chez les socialistes. Nombreux sont ceux, qui ont rapidement affiché leurs soutiens et leurs loyautés à François Hollande, pour d’autres, la démarche d’Emmanuelle Macron est intéressante.

Parmi ces personnes, on retrouve par exemple le maire socialiste de Besançon, Jean-Louis Fousseret, qui a annoncé au quotidien régional L’Est Républicain, qu’il avait adhéré au nouveau mouvement politique du ministre de l’Économie. Une autre élue, vient de les rejoindre, se disant “extrêmement intéressée” par sa démarche, c’est la présidente socialiste de Bourgogne-Franche-Comté.

C’est surtout un sentiment de faire bouger les choses qui réunit ces personnes, avec le sentiment profond qu’il faut faire quelque chose pour revenir au contact des électeurs. Il apparaît important, de plus, de prendre en compte des changements sociaux, et d’adapter le discours, et les pratiques politiques. Le maire de Besançon l’explique très bien, “je ne renie pas mes valeurs. Je suis de gauche et reste membre du PS” mais “nous sommes certainement à la fin d’un cycle. Il y a un vrai problème de crédibilité de la parole politique. Le paysage a changé. Nous sommes entrés dans l’ère du tripartisme et des réseaux sociaux, il faut inventer autre chose si nous voulons retrouver la confiance de nos concitoyens. Emmanuel Macron peut faire bouger les lignes et rénover la gauche“.

Pour d’autres, le son de cloche est différent, et cinq ministres, au premier rang desquels Stéphane Le Foll, vient de lancer une contre-offensive. “Hé oh la gauche“, pour défendre le bilan du président de la République François Hollande, et rappeler que “la gauche et la droite, ça n’est pas la même chose“, en référence directe avec les déclarations d’Emmanuel Macron, dont le mentor en politique est l’ancien Premier ministre, Michel Rocard, qui indique justement que, « En Marche » ne sera “ni de droite ni de gauche”. Pour lui “les clivages sont devenus obsolètes à beaucoup d’égards“. On serait tenté de retrouver dans ses prises de position et ses déclarations, des accents de bon vieux radicalisme disparu avec l’avènement de la Cinquième République.

On l’aura compris, il y a du mouvement au Parti socialiste. Particulièrement populaire, mais sans avoir la carte du parti, ni avoir exercé de mandat électif, le ministre de l’Économie semble parti pour n’être pas prophète en son pays.Crédit photo : Consulat de France a New-York