serge-atlaoui_5325107-765x510Quelques diplomate étranger ainsi que les membres de la famille des condamnés à mort en Indonésie se sont mobilisés vendredi pour rendre visite aux détenus condamnés à mort par le gouvernement indonésien. Parmi les condamnés se trouve un Français.

Les autorités indonésiennes ont demandé à tous les responsables consulaires des pays en cause de se rendre ce week-end au complexe pénitentiaire de Nusakambangan, lieu de rétention des détenus qui attendent leur exécution. Ces détenus seront fusillés prochainement.

Les détenus viennent “d’Australie, de France, du Brésil, des Philippines, du Nigéria” a annoncé un porte-parole du parquer général, Tony Spontana. Il a également ajouté que le ministère public est toujours en attente de la décision de la Cour suprême sur l’ultime recours d’un Indonésien qui va être exécuté. “Nous espérons que la décision va être rendue le plus vite possible pour que nous puissions fixer le jour J”, a-t-il déclaré concernant les prochains jours d’exécution.

“Le but de ces exécutions imminentes, c’est la guerre contre la drogue”, a insisté M. Spontana, qui rapporte les propos du président indonésien Joko Widodo, inflexible sur les exécutions des condamnés à mort pour trafic de drogue.

M. Spontana avait affirmé que la date de l’exaction serait communiquée au détenu au minimum 72 heures au préalable. L’annonce des exécutions avait créé une vague de réaction chez les diplomates notamment dans l’Union européenne et en France. “L’Union européenne est totalement opposée à la peine de mort. Cela ne peut pas être une réponse au trafic de drogue”, avait annoncé jeudi le président du Conseil européen, Donald Tusk, en marge d’un sommet à Bruxelles.

François Hollande avait pour sa part insisté sur le fait qu’il fallait “tout faire jusqu’au dernier moment” pour que le français Serge Atlaoui ne soit pas exécuté.

“L’abolition de la peine de mort est pour nous un principe essentiel (…) Pour Serge Atlaoui, la mort ne peut pas être la sanction”, a-t-il dit.

Chinthu Sukumaran, le frère des deux Australiens condamné s’est préparé en urgence pour se rendre en Indonésie. “Je n’arrive pas à y croire, nous n’avons pas encore abandonné tout espoir”, a-t-il annoncé au quotidien Sydney Morning Herald.

Les autorités consulaires qui devraient assisté le condamné à mort brésilien a été contactées par Jakarta et devrait se rendre à Cilacap, une ville portuaire proche de l’ile de Nusakambangan samedi.

Mary Jane Veloso, domestique philippine a également été condamnée à mort. Elle vient d’être transférée dans une prison de Nasukambangan avec Serge Atlaoui qui y est enfermé depuis sa condamnation à mort pour trafic de drogue en 2007.

Le Français âgé de 51 ans continue d’affirmer qu’il n’a rien à voir avec une affaire de trafic de drogue. Il avait juste installé des machines industrielles dans un endroit qu’il considérait comme une usine d’acrylique. Mais il n’était pas au courant que c’était en fait une fabrique clandestine d’ecstasy.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius a accusé dans une lettre adressée à son homologue indonésienne,  le fait que Serge Atlaoui n’a “pas bénéficié du plein exercice des ses droits du fait des graves dysfonctionnements de la justice indonésienne”.

M. Fabius a également ajouté que français était victime d’un “traitement expéditif”, et a été “condamné à mort par une décision qui comporte des affirmations erronées”.

Paris n’a jamais arrêter de hausser le ton que le dernier recours du Français a été rejeté mardi par la Cour suprême d’Indonésie.

La France et l’Australie avaient évoqué “conséquences” d’une exécution sur les relations bilatérale avec l’Indonésie.

 

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