Comme un bon nombre d’habitants de pays industrialisés, les Français dorment de moins en moins. Une récente étude démontre que le sommeil des Français vient de passer sous le seuil des 7 h. Inutile de préciser, que pour l’ensemble des médecins et des services de santé, ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle.

Dans un Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’agence sanitaire Santé publique France, les spécialistes rappellent ce que l’on sait tous, ne pas dormir assez, a de graves conséquences sur notre santé et la qualité de notre vie. Hélas, toutes les études montrent au fur et à mesure une réduction systématique du sommeil quotidien.

Cette fois, le BEH indique que les 18-75 ans dorment 6 h 45 chaque nuit. Il prend en compte les week-ends et les vacances, car le temps de sommeil descend à 6 h 34 en semaine et lors des périodes de travail, alors qu’il est de 7 h 12 le week-end et lors des périodes de repos. L’étude, prend même en compte les éventuelles siestes, qui mettent en moyenne le temps de sommeil à 6 h 55, donc toujours en dessous des 7 h.

Parmi les causes de cette réduction du temps de sommeil, les spécialistes mettent en avant le travail de nuit, qui se répand comme dans le monde entier. Le nombre de travailleurs de nuit habituels et occasionnels en France est passé de 3,3 millions (15,0 % des actifs) en 1990, à 4,3 millions (16,3 %) en 2013. Il est évident, que pour toutes ces personnes, ce décalage impact leur temps de sommeil.

L’étude insiste aussi sur les effets du tabagisme. Les études démontrent, que les fumeurs qu’ils soient peu ou fortement dépendants, sont fréquemment de courts dormeurs (6 h par 24 h), car ils sont sujets aux insomnies. On peut aussi noter comme facteurs néfastes de plus en plus présents le bruit. A tout cela, il ne faut pas oublier, les sollicitations extérieures comme l’attrait des écrans, qui nous pousse à toujours regarder un peu plus longtemps un nouvel épisode de série ou un nouveau palier de jeux.

Tout cela amène 35,9 % des Français à dormir moins de 6 heures. L’insomnie chronique touche 13,1 % des 18-75 ans, 16,9 % des femmes et 9,1 % des hommes. Les conséquences, vont de la classique irritabilité, du manque de patience et perturbent nos relations avec les autres, nos relations familiales, limitent nos capacités intellectuelles et impactent donc la qualité de vie et de travail. Tout ceci, nous inquiète et perturbe encore plus notre sommeil. Il faut aussi évoquer un risque plus élevé d’obésité, de diabète du type 2, d’hypertension, de pathologies cardiaques.

Pour sortir de cette spirale infernale, les spécialistes mettent en avant, la promotion de la sieste (20 à 30 minutes) y compris au travail, ou le recul du début des cours pour les lycéens et les étudiants.

Cependant, chacun peut améliorer sa propre situation, en adoptant quelques règles simples, dormir dans l’obscurité, à une température idéale avoisinante 18 degrés. Il faut couper les téléphones portables et surtout se dire que dormir ce n’est pas perdre du temps.

Pour évoquer et sensibiliser à tout cela, des journées du sommeil sont organisées, une internationale le 15 mars et une nationale le 22 mars.

Crédit photo : adi goldstein