Pour son rapport, il ne s’est pas arrêté à un simple jugement arbitraire. Il les a ensuite transmises à un logiciel formé pour identifier les marqueurs linguistiques de différents états émotionnels et traits de personnalité. L’ordinateur, même s’il manque de nuance n’a fait que confirmer la sensation diffuse, que nous ressentons tous.
Des sentiments comme la tristesse, la peur, le dégoût, la joie ou l’extraversion se retrouvent de plus en plus dans l’univers musical. Shamir, a fait la moyenne des scores de chaque année. Les résultats étaient frappants. Les expressions de colère et de dégoût ont pratiquement doublé au cours de ces 65 ans. Par exemple, la peur a augmenté de plus de 50 %. Les chansons d’aujourd’hui sont encore plus agressives et craintives qu’à l’apogée du punk. A contrario, évidemment, les notions comme la joie, la confiance et l’ouverture ont toutes diminué.
Si on revient aux tubes des années 1950, c’est la joie qui ressort avec des chansons comme All Shook Up d’Elvis Presley, ou le film de Little Richard’s Long Tall Sally. Rien à voir, avec les films comme Bad Blood de Taylor Swift qui a suscité beaucoup de peur et très peu de joie, tandis que Wrecking Ball de Miley Cyrus et Sorry de Justin Bieber sombrent dans la tristesse.
Cette étude recoupe les conclusions d’une autre réalisée par Natalia Komorova de l’Université de Californie. Cette mathématicienne a été choquée par la négativité du goût de sa fille pour la musique. Elle a utilisé une base de données de recherche dans laquelle les utilisateurs pouvaient appliquer un algorithme pour extraire des caractéristiques acoustiques qu’ils utilisaient ensuite pour marquer une chanson sur les émotions comme la tristesse. Komarova et ses collègues, ont découvert que le ton de la musique était devenu moins joyeux depuis 1985.
Il semble donc probable, que les chansons pop reflètent l’atmosphère des artistes et des auditeurs. De plus, avec le marketing qui entoure la production actuelle, il ne faut pas compter sur les producteurs pour sortir du rang. Tout le monde fait ce que tout le monde attend et comme la tristesse ou la colère intéresse davantage en tant que consommateurs, on s’enfonce dans un cercle vicieux.
Heureusement, les tendances ne reflètent pas tout et pour les inconditionnels optimistes qui vont bientôt passer pour des fous ou de dangereux perturbateurs, il nous reste des titres comme “Uptown Funk” de Bruno Mars ou encore “Happy” de Pharrell Williams et bien sûr, de bons vieux standards sur YouTube. Alors, lâché cette boîte de médicaments, et poussé un peu plus le son.