Aujourd’hui intervient la baisse de 35% à 30% du taux de remboursement par l’assurance-maladie des médicaments à vignette bleue. Et cela en application d’une mesure annoncée il y a plusieurs mois dans le cadre du budget 2011 de la Sécurité sociale.

Plus d’un millier de médicaments sont ainsi concernés, si l’on tient compte des différents dosages et des versions génériques, dont par exemple les antalgiques Advil ou Spasfon, le Ketum (tendinites superficielles) ou encore l’anti-inflammatoire Voltarène. Leur liste complète avait été publiée dans le Journal officiel du 6 avril. Ces médicaments – qui se distinguent par une vignette bleue sur leur emballage – sont ceux dont l’intérêt thérapeutique est jugé «modéré»par la Haute Autorité de santé (HAS).

Aujourd’hui, il y a trois types de remboursement. Celui à 35% -et maintenant à 30% -, par le régime général de la Sécu, qui englobe des médicaments destinés aux maladies sans caractère habituel de gravité et dont le service médical rendu (SMR) n’a été reconnu ni comme majeur, ni comme important. Il s’agit la plupart du temps de traitements symptomatiques, ou de ceux dits de confort.

Il y a, ensuite, le remboursement à 65 % (vignette blanche), accordé aux médicaments dont le SMR a été jugé important ou majeur et présentant un caractère indispensable. Les antibiotiques par exemple.

Enfin, le remboursement à 100 % (vignette blanche barrée) concerne les médicaments considérés comme irremplaçables et particulièrement coûteux, ainsi que ceux traitant une trentaine de maladies graves ou de longue durée (ALD), comme le cancer ou le diabète.

Dans cette réforme, les autres taux de remboursement des médicaments existants restent inchangés. Une baisse du taux de remboursement des dispositifs médicaux (prothèses, déambulateurs…), de 65% à 60%, doit cependant entrer en vigueur également ce matin.

Ces baisses de remboursement sont «des mesures d’économies», dit-on à l’assurance-maladie. Certes, mais tout cela manque singulièrement de lisibilité. Et l’assuré social ne sait plus ce qu’il paye, ce qui lui est remboursé et, au final, que qui lui reste à charge. Est-ce pour montrer un certain équilibre que la semaine dernière le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a annoncé que les pilules contraceptives de deuxième génération coûteraient moins cher ? «Au 1er juin, […] les minidosées, verront leur prix baisser de 15%, de façon à ce que l’on puisse avoir le meilleur accès possible», a-t-il déclaré. Le mois dernier, il s’était dit favorable à un remboursement des pilules de troisième génération faiblement dosées, dont seulement une, la Desobel Gé 20 du laboratoire Effik, est remboursée à 65% par l’assurance-maladie depuis janvier 2010.