Laboratoire Sanofi_photo de Sanofi PasteurSelon un récent rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), La Dépakine, un médicament antiépileptique, serait à l’origine d’au moins 450 cas de malformations congénitales entre 2006 et 2014. L’association regroupant les parents des enfants atteints, estime pour sa part à 400 par an le nombre de cas sur cette période. Va-t-on vers un nouveau scandale sanitaire en France ?

Ce médicament commercialisé en France depuis 1967 par Sanofi est vendu dans plus de 120 pays. Une version générique est maintenant fabriquée par d’autres laboratoires. Son efficacité pour traiter l’épilepsie, mais aussi les troubles bipolaires, en fait un traitement largement prescrit. A ce sujet, l’IGAS rappelle que “dès les années 1980, de premières publications scientifiques ont documenté un lien entre la prise de ce médicament et la survenue d’effets indésirables graves sur le fœtus“. Ses effets dangereux pour le fœtus étaient donc connus depuis plusieurs décennies. Cependant, ce médicament a été prescrit à des femmes enceintes ou en âge de procréer, sans qu’elles soient précisément averties des risques qu’elles faisaient courir à leur bébé.

L’Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsant (Apesac), qui rassemble près de 700 familles, a recensé et publié ses données sur son site. Selon ses données, la Dépakine a fait en France 1 091 victimes, dont 177 morts. Des membres de l’association rappellent aussi leur situation devant les troubles du développement que présentaient leurs enfants, malformations, autisme… Ils insistent sur la solitude face aux handicaps souvent lourds de leurs enfants, l’attitude de certains médecins qui allaient jusqu’à en rendre les parents responsables.

Pour les victimes et leurs parents, il s’agit maintenant de reconnaissance et donc de réparation. Ils veulent la mise en place d’un fonds d’indemnisation. Il faut aussi que chacun assume ses responsabilités, et à ce sujet, concernant le fabricant Sanofi, l’avocat des familles des victimes déplore « l’attitude méprisante » du laboratoire avec qui cela “se passe extrêmement mal “. Pour Charles Joseph-Oudin “la responsabilité de Sanofi n’empêche pas l’État d’être responsable et de pouvoir être condamné. Le laboratoire et l’État ont commis des manquements, avec un nombre important de victimes”, précise-t-il. “Il faut apporter une solution pour prendre en charge des gens malades, et que le laboratoire assume”.

l’Apesac signale que quatre plaintes au pénal et une vingtaine au civil ont été déposées. Une enquête du parquet de Paris a été ouverte en 2015 sur les conditions d’autorisation et de commercialisation de la Dépakine..

Crédit photo :   Sanofi Pasteur