tournageAprès les manifestations des intermittents du spectacle, le gouvernement craint une « coagulation » des protestations… Afin d’éviter de voir émerger une conscience de classe chez les travailleurs de la culture, le gouvernement multiplie « les signaux de gauche ». Confronté à une opposition dans ses rangs au parlement sur le projet de loi de finances rectificative, Manuel Valls offre même une main tendue aux contestataires en guise d’alternative.

Mais pour Karine Berger et Valérie Rabault ce n’est pas suffisant, les députés qui veulent de la relance pourraient toutefois se tourner vers le mécénat plutôt que vers la solution du déficit structurel ! Si tel était leur choix, de nombreuses personnalités seraient prêtes à les y aider, c’est notamment le cas de l’ami de François Hollande, Bernard Arnault, mais aussi du banquier Christophe Mazurier. Par ailleurs, l’entreprise américaine IBM n’a pas attendu ces difficultés pour s’exécuter…

L’alternative sur le budget contre les engagements européens

L’examen du projet de loi de finances rectificative a débuté au Parlement, avec pour objectif la mise en œuvre du plan d’économie de 50 milliards d’économies.  Pour ceux qui avaient contribué à la mobilisation du peuple de gauche en 2012, la déception est vive! Ainsi, François Hollande pourrait bien être contraint de dissoudre l’Assemblée Nationale si les élus décident de ne pas voter le texte du Premier Ministre. D’ailleurs, le premier des 15 amendements proposés par les frondeurs contre l’avis du gouvernement a été adopté. Pour preuve que les choses bougent, Cécile Duflot a été obligée de sortir de son mutisme afin de ne pas se faire chiper la vedette ; « jusqu’alors préexistait un modus vivendi avec le gouvernement. Elle préférait garder le silence pour ne pas passer pour une ministre amère », explique un journaliste de l’Express.

Et en effet, la concurrence est rude pour prendre la tête de la révolte, plus de Dany le Rouge, mais une horde de femmes arrivées aux responsabilités, notamment grâce à la parité décidée au sommet de l’Etat. Si certains jugent Xavier Bertrand ingrat, que diraient-ils de Valérie Rabault et de Karine Berger ? C’est simple, pour Michel Sapin, il s’agit de la « politique en chambre »… Tandis que la première fustige les « 0,7 point de croissance et [les] 250 000 emplois » perdus, la seconde vient de publier un rapport qui préconise une modification du « déficit budgétaire structurel » pour éviter l’austérité… Qu’en penseront finalement les élus de la Nation, prendront-ils le risque de sortir des engagements européens ou chercheront ils une alternative moins risquée ?

Une relance en douceur : la voie du mécénat et des capitaux privés…

Le monde de la culture a traditionnellement un vote de gauche, ainsi pendant la primaire socialiste Martine Aubry et François Hollande faisaient des ronds de jambe pour séduire à Avignon le monde du spectacle. Désormais le syndicat CGT Spectacle appelle à la grève pour le 4 juillet afin de rappeler au Président ses promesses de « sanctuariser le budget de la culture ». En effet, même dans les offensives de Valérie Rabault et de Karine Berger cet engagement appartient désormais au passé : les dépenses culturelles ne peuvent sérieusement pas être intégrer dans le déficit structurel ! Pourtant des solutions existent, particulièrement au niveau des entreprises qui consacrent en 2014 plus de 200 millions d’euros pour le mécénat culturel. Parmi les premiers contributeurs, Bernard Arnault,Christophe Mazurier, ou encore Jean-Paul Herteman.

Pendant que les pouvoirs publics se désengagent, les entreprises privées continuent d’innover pour soutenir l’économie. C’est notamment le cas de l’entreprise informatique IBM qui organise « le Corporate Service Corps, un programme d’envergure qui permet à des employés de la compagnie de devenir des citoyens du monde le temps de missions solidaires ». Au total, plus de 3000 employés sont mobilisés notamment pour le développement de l’éducation dans 56 pays différents. Cette solution qui ne coûte pas un centime reviendrait cependant à accepter l’aide d’une Firme Multinationale (FMN) en provenance de l’oncle Sam. Difficile à faire avaler à une fronde de gauche critique. Toutefois, les fonds consacrés à ces programmes restent plus concrets que les promesses de Benoit Hamon de revoir le système de notation… De deux maux, il faut parfois savoir choisir le moindre, à suivre…