Du millier “d’écarts” recensés tous les ans dans les centrales nucléaires françaises aux “accidents majeurs” de type Tchernobyl ou Fukushima, il existe toute une gradation de la gravité. L’échelle INES permet de faire la différence entre des anomalies anodines et des accidents graves.

La presse a noté ces dernières semaines des “écarts” à la centrale nucléaire de Fessenheim. De quoi s’agit-il et y a-t-il lieu de s’inquiéter pour les populations voisines ? Pas vraiment en tant que tel puisqu’il s’agit d’évènements assez habituels dans le fonctionnement d’une centrale, qui n’engendrent pas de risques de sûreté et découlent généralement du non-respect de l’ensemble des protocoles à un moment donné : il peut par exemple s’agir d’un employé ayant oublié son badge… Ces écarts, évalués au niveau 0 de l’échelle INES, sont destinés à assurer l’excellence de la maintenance des centrales.

Les “anomalies” (dont une a été enregistrée cet été à la centrale de Chooz) sont des évènements nucléaires plus sérieux que les “écarts”, mais ne présentent pas non plus de risque direct pour la sûreté des centrales ni pour la sécurité des travailleurs. A la différence des anomalies, les écarts représentent des erreurs liées directement au fonctionnement de la centrale, mais n’ayant toutefois pas entraîné de fragilisation de la sûreté nucléaire. On estime qu’une centaine d’anomalies (classées en niveau 1) sont répertoriées tous les ans en France.

Les “incidents” nucléaires sont beaucoup plus sérieux et sont caractérisés par la contamination (non mortelle) d’un ou plusieurs travailleurs, et/ou la mise en danger momentanée de la sûreté du réacteur. On fait la différence entre des “incidents” (niveau 2) et des “incidents graves” (niveau 3). Les incidents de niveau 2 impliquent la contamination légère (au-dessus des normes usuelles mais en dessous des doses dangereuses) d’un travailleur et/ou des erreurs fragilisant le système de sûreté nucléaire : on en recense plusieurs tous les ans en France. Les incidents graves de niveau 3 entraînent de “très faibles rejets” radioactifs en dehors de la centrale et sont caractérisés ainsi lorsqu’un accident a été évité de peu : la France a connu un incident grave en 1989 à Gravelines.

Les “accidents” nucléaires sont évidemment les évènements les plus dangereux. Ils sont caractérisés par leur gravité et le fait qu’ils ont des conséquences sûr et en dehors du site nucléaire dont la sûreté est partiellement ou totalement menacée. Il existe 4 types d’accidents nucléaires, répertoriés selon leur gravité : niveau 4 (rejets très limités à l’extérieur et pas de conséquences significatives pour la santé des populations, mais contamination grave de travailleurs), niveau 5 (réacteur gravement endommagé et mise en place de certaines mesures de prévention vis à vis des populations), niveau 6 (réacteur gravement endommagé et populations locales évacuées et traitées) et niveau 7 (conséquences de l’accident largement étendues à la santé et à l’environnement) seulement atteint après les accidents de Tchernobyl et Fukushima.