Sans surprise, le président du MoDem vient d’annoncer sa candidature pour les présidentielles de 2012. L’occasion de revenir sur ses deux précédentes campagnes présidentielles, pendant lesquelles le candidat centriste s’est toujours débrouillé pour être mieux positionné à la fin qu’au début.

2002 : Bayrou sort du lot grâce à une gifle

Candidat à la présidentielle pour la première fois, l’ancien ministre de l’éducation François Bayrou connaît une première partie de campagne difficile, durant laquelle plusieurs membres influents de l’UDF appellent même à voter pour Jacques Chirac dès le premier tour de l’élection présidentielle.

Alors qu’il plafonne à 5% dans les sondages, François Bayrou est au centre de l’une des images marquantes de la campagne, lorsqu’il gifle un enfant de dix ans qui lui faisait les poches, pendant une visite dans un quartier difficile de Strasbourg. « Tu ne me fais pas les poches » déclare autoritairement François Bayrou devant les caméras.

Alors que ce geste est l’objet de tentative de récupérations (Bruno Mégret du MNR félicite par exemple Bayrou pour son acte, « On n’est quand même pas dans un pays de lavettes »), la gifle est finalement plutôt bien perçue par l’opinion.

Bayrou  semble vouloir profiter de l’aubaine que représente cet évènement médiatique. Il assure recevoir 500 mails de félicitations par jour à propos de sa baffe qu’il décrit « comme un geste de père de famille, pas un geste de policier ».

Sans vraiment s’envoler dans les sondages, Bayrou réalise finalement un score honorable, 6,84%, et finit en quatrième position du premier tour.

Au second tour, alors que la droite l’appelle à rejoindre un nouveau parti unique, l’Union pour la droite (UMP), pour faire front au FN, Bayrou se prononce plutôt pour une large coalition autour de Jacques Chirac en vue du second tour.

La plupart des parlementaires UDF de l’époque rejoignent l’UMP, dans le sillage du rival de Bayrou, Philippe Douste-Blazy. François Bayrou est désormais seul à bord du bateau UDF.

2007 : Bayrou frôle le second tour

En 2007, François Bayrou fait le buzz. Il déclare vouloir former une grande formation réunissant des personnalités de gauche, de droite et du centre. Il grimpe de façon impressionnante dans les sondages au cours de la campagne, passant de 8% d’intention de votes début décembre 2006, à 22% en mars 2007.

François Bayrou reçoit le soutien de plusieurs petits candidats potentiels comme Corinne Lepage, Antoine Waechter et Christian Chavrier, ainsi que celui d’Azouz Begag ou Jean-Marie Cavada. Son livre “projet d’espoir” est le livre politique le plus vendu du moment, à 370.000 exemplaires.

Capable de rassembler les classes moyennes et de piquer des voix à droite comme à gauche, il devient le troisième homme qui fait peur. À juste titre puisqu’il obtient finalement 18,57% des suffrages, reçoit le vote de 6 820 914 électeurs et manque de peu d’accéder au second tour.

A la suite de l’élection François Bayrou appelle à voter blanc, afin d’affirmer son indépendance et de se situer à égale distance de la gauche et de la droite. Dans la foulée il crée le MoDem, le mouvement démocrate.

Depuis 2007 : un retour au calme en attendant les présidentielles

Depuis 2007, le Modem n’a pas particulièrement brillé dans les élections, le parti payant notamment son désir d’indépendance. Mais cette situation ne semble pas avoir particulièrement dérangé le député des Pyrénées-Atlantiques qui s’est fait discret pendant le quinquennat de Sarkozy.

Ces détracteurs l’accusent d’être seulement focalisé sur les élections présidentielles et de se servir du parti centriste pour arriver à ses fins. Il n’est d’ailleurs pas secret que François Bayrou est intimement convaincu d’avoir un destin présidentiel.

En tout cas, fort de son expérience lors des deux dernières présidentielles, il semble convaincu que rien ne sert de partir trop tôt dans la course à l’Elysée. Il n’est donc pas étonnant de voir François Bayrou pointer dans les sondages assez tardivement. Bayrou enregistre la plus forte progression selon une étude parue hier. Avec des intentions de votes comprises entre 7 et 9%, il est au niveau de 2007, à la même époque de l’année.