Une cyberattaque mondiale de grande ampleur, a paralysé des centaines de milliers d’entreprises et d’administrations depuis vendredi. Elle met sur la table, la question des responsabilités dans l’exploitation de faille de sécurité. Un nom revient avec insistance, la Corée du Nord, mais si ce pays a toutes les caractéristiques du grand méchant, n’en devient-il pas le coupable idéal et facile à désigner ?

Des chercheurs en sécurité informatique, ont indiqué lundi avoir découvert un lien potentiel entre la Corée du Nord et la cyberattaque mondiale, qui frappe depuis vendredi des dizaines de milliers d’entreprises et d’administrations à travers le monde. Pour appuyer cette information, les experts, basés en Corée du Sud, en Russie, aux États-Unis ou en Israël, ont noté, que le code utilisé par le virus montre des similarités avec des précédentes attaques informatiques attribuées aux pirates nord-coréens.

Notons tout de même, que l’on ne peut pas encore complètement mettre de côté la responsabilité de la mafia, car le rançonnage, reste une des caractéristiques premières de cette dernière. Les mafias n’ont eu qu’à s’adapter au numérique pour retrouver leur terrain de chasse. Qu’ils soient russes, chinois ou maltais, les groupes criminels recourent de plus en plus régulièrement au piratage informatique pour récupérer de l’argent.

Du côté de l’Office européen des polices Europol, on ne veut pas encore se prononcer définitivement. « Nous sommes ouverts pour enquêter dans toutes les directions, mais nous ne spéculons pas et nous ne pouvons pas confirmer cela », a indiqué Jan Op Gen Oorth, porte-parole d’Europol. « Il est trop tôt pour dire quoi que ce soit » et même si on se tourne vers une responsabilité étatique, d’autres pays peuvent être soupçonnés.

Il faudra aussi évoquer les responsabilités de ceux, qui par calcul ou par négligence, laissent les choses possibles. A ce sujet le président de Microsoft Brad Smith ce week-end a fait remarquer, que “cette attaque montre à nouveau combien le stockage de vulnérabilité par les gouvernements, pose un tel problème“. Le chercheur Cornell Stephen Wicker, va plus loin et évoque de “graves erreurs éthiques” à la fois du gouvernement et des entreprises technologiques. Il constate que “la NSA et la CIA connaissaient ces failles, mais elles les ont gardées secrètes pour pouvoir les utiliser pour leur propre collecte de données à des fins de renseignement“.

Il faut bien déterminer, comme souvent, il peut y avoir des coupables et des responsables, qui ne sont pas forcément les mêmes.

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