Carlos Ghosn, a été arrêté à Tokyo, sur de nouveaux soupçons de malversations financières. Certains, y verront une belle preuve de ténacité, d’autres parleront plutôt d’acharnement de la part de la justice japonaise à l’encontre de l’ancien patron de Renault. En attendant, Carlos Ghosn a de nouveau été interpellé jeudi matin à son domicile de Tokyo, un mois à peine après avoir été libéré sous caution.

A priori, ce sont de nouveaux soupçons de malversations financières, qui ont amené les enquêteurs du bureau des procureurs à venir le chercher à son immeuble. Le tout bien sûr, devant les chaînes de télévision japonaises, qui ont largement diffusé “l’événement”. La NHK, a d’ailleurs souligné qu’il est “extrêmement rare” qu’un suspect soit de nouveau arrêté après avoir été relâché.

Bien sûr, du côté des défenseurs de Carlos Ghosn, on juge cette arrestation “révoltante et arbitraire“. L’ancien dirigeant de l’automobile, a déclaré “pourquoi venir m’arrêter alors que je n’entravais en rien la procédure en cours, sinon pour me briser ?”. Il a rajouté toujours dans une déclaration transmise à l’AFP, “je suis innocent de toutes les accusations infondées portées contre moi et des faits qui me sont reprochés“.

Tout ceci semble faire figure de rebondissement dans ce qui prend de plus en plus l’aspect d’une série qui ne va plus en finir. Cette arrestation surprenante vient aussi juste au moment où M. Ghosn 65 ans, avait décidé de prendre la parole pour la première fois depuis sa sortie de prison. Il prévoyait une conférence de presse le 11 avril.

Le ciel continue à s’assombrir pour l’ex PDG. En plus des inculpations pour déclarations inexactes de revenus et pour abus de confiance, il est à présent soupçonné d’avoir utilisé la réserve du PDG de Nissan pour des transferts d’argent. Plus de 30 millions de dollars, ont transité par un distributeur de véhicules Nissan à Oman, une partie de cette somme lui serait revenue indirectement.

Du côté français, les affaires ne s’arrangent pas, car des flux financiers similaires ont été signalés ces derniers jours par Renault à la justice française. Le parquet de Nanterre, a notamment ouvert une enquête sur le financement du mariage de Carlos Ghosn, au château de Versailles en octobre 2016.

Comme on pouvait s’y attendre, M. Ghosn ayant démissionné en janvier de la présidence de Renault alors qu’il était incarcéré au Japon, la marque au losange, a décidé de priver son ancien patron de “retraite-chapeau” comme ancien membre du comité exécutif. Dans le même temps, le dirigeant franco-libanais-brésilien, a également été révoqué de la présidence de Nissan, et une assemblée générale extraordinaire d’actionnaires devrait lundi révoquer son mandat d’administrateur.

Nissan était pourtant, une entreprise qu’il a récupérée et naguère sauvée de la faillite. Il est devenu à ce moment-là, le premier étranger à diriger un constructeur automobile japonais. Un univers impitoyable, c’est sûr, et un peu de revanche peut-être ?

Crédit photo : john cameron