Radar_photo de Chico FadistaSi vous ne connaissez pas Alice, on vous souhaite de jamais la rencontrer. Alice, c’est pour Autonomous Lidar Concept for Enforcement, c’est la dernière génération de “radars chantiers”, ces cabines installées provisoirement sur les tronçons en travaux, elles font réellement un carton. C’est le must, en matière de contrôle routier automatisé qui se développe et se porte bien.

Selon une étude récente du cabinet Markets and Markets, l’activité devrait représenter un chiffre d’affaires de 3,1 milliards d’euros dans le monde en 2020, contre 2,2 milliards l’an dernier. Les spécialistes du genre comme les Français Thales, Morpho (groupe Safran), Aximum (filiale de Colas) et Cegelec (groupe Vinci), les Allemands Vitronic et Jenoptik, le suédo-néerlandais Sensys-Gatso Group, rivalisent d’innovations tout en restant particulièrement discret, car dire que l’on fournit des radars ne vous rend pas très populaire.

Pour ces industriels, il faut anticiper les demandes, et faire la bonne proposition à la bonne porte. Aux États-Unis et au Canada, ce sont les polices locales qui décident. En Allemagne, l’installation des radars est de la compétence des Länder. En France, l’état, comme à son habitude, centralise tout, à l’exception des radars pédagogiques, que peuvent s’offrir les communes.

Côté arguments, on tourne souvent autour des rapports de l’Organisation mondiale de la santé pour mettre en avant les courbes de mortalité par pays. On évoque le nombre de véhicules pouvant être contrôlés quotidiennement pour éviter de parler directement du rendement financier (combien cela rapporte) et on insiste sur la grande et indispensable robustesse des machines.

Maintenant, la recherche va vers de nouveaux engins capables de détecter aussi les comportements à risque, dépassements par la droite, non-respect des distances de sécurité ou des stops. « Aujourd’hui, on ne se contente plus de contrôler la vitesse », commente Philippe Arnaud, directeur de la “business unit” transport de Morpho, l’installateur historique de radars fixes sur les routes françaises.

Il existe même le Salon Intertraffic Amsterdam, c’est le salon du radar. On peut y trouver un radar capable de surveiller quantité d’infractions, y compris le franchissement de lignes jaunes ou la circulation dans des voies de bus, mais aussi les radars de feux rouges qui contrôlent l’arrêt au feu plus celui de la vitesse. L’allemand Jenoptik va même plus loin, en plus du franchissement de feux rouges et de l’excès de vitesse, ses futurs radars Traffi-Tower et Traffi-Star pourront repérer les demi-tours interdits, les queues-de-poisson ou les refus de priorité aux intersections. Quelles seront les prochaines trouvailles, on évoque des flashs infrarouges invisibles, pour coincer les automobilistes en train de téléphoner au volant ou ceux qui n’auront pas bouclé leur ceinture de sécurité.

Et enfin cerise sur le gâteau, les véhicules banalisés avec des systèmes embarqués sont pilotés par des gendarmes et des policiers (1,5 million de flashs en 2015), mais demain, l’activité sera confiée à des sociétés privées sous la supervision du ministère de l’Intérieur pour pouvoir affecter les forces de l’ordre à des missions plus critiques.

Souriez, vous êtes sûrement en train de commettre une infraction, si, si, on va bien arriver à en trouver une.

Crédit photo : Chico Fadista