Quand on évoque les hommes les plus puissants du monde, revient souvent le président des États-Unis, et pour certains, ce sera celui de la Russie. Il est question aussi de quelques grands patrons d’énormes sociétés. Il ne faudrait surtout pas oublier, même s’il reste, plus discret au niveau international, Xi Jinping le leader, le patron, le dirigeant tout-puissant d’une Chine à la conquête du monde.

Une modification de la Constitution vient depuis ce dimanche de supprimer la limite de deux mandats. Cette restriction avait été imposée pour justement éviter l’autoritarisme, et les luttes intestines devenues la règle sous le règne du père fondateur du régime de Mao Tsé-toung. Une aubaine pour celui qui dirige maintenant sans partage la Chine depuis cinq ans, et il pourra désormais rester président de la République populaire aussi longtemps qu’il lui plaira.

Au niveau de la direction du pays, il cumule depuis 2012 les fonctions à la tête du Pays en étant entre autres, Secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC), président du pays, chef de la commission militaire centrale et bien d’autres. Il peut, bien sûr aussi, compter sur un parfait contrôle des médias, dans lesquels, il fait l’objet d’une propagande permanente, mettant en place un quasi-culte de la personnalité.

Autant dire qu’il faudra apprendre à connaître ce monsieur, né dans un milieu privilégié, le 15 juin 1953 à Pékin. Il fait partie de la puissante caste des “princes rouges”, des descendants des révolutionnaires arrivés au pouvoir en 1949 avant d’être broyés par les purges de Mao. Cela ne l’a pas empêché, de décrocher à la fin des années 1970 un diplôme d’ingénieur chimiste de la prestigieuse université Tsinghua à Pékin. Il n’est pas rancunier, car malgré des déboires subis par sa famille sous Mao, Xi Jinping intègre le Parti à 20 ans. Il fait presque un parcours sans faute pour parvenir à la tête en passant par Gouverneur du Fujian en 1999, patron du Parti au Zhejiang en 2002, il entre en 2007 au Comité permanent du Bureau politique, dont il prendra les rênes en novembre 2012, avant d’être automatiquement désigné président du pays.

Son obsession, c’est d’éviter ce qui s’est passé en URSS, avec son effondrement. Il voit dans Gorbatchev et sa politique d’ouverture, un contre-modèle à éviter, et son régime impose un durcissement idéologique tous azimuts, des écoles à l’internet.

Récapitulons, une main mise sur tous les pouvoirs, maintenant pour un temps indéterminé, et la mise en place des proches à des postes-clefs. Un culte de la personnalité, bien rodé. Vous rajoutez à cela, une implacable répression contre les dissidents, une bonne vieille censure mise en place au nom de “la stabilité sociale”. Vous complétez le tout par une élimination systématique de ses opposants au sein même du Parti, avec des purges sous couvert de vastes et populaires campagnes anticorruption.

Vous l’avez compris, la Chine à un nouveau “Grand Timonier” à la barre, et il fort à parier que l’on va avoir à faire à Xi Jinping pendant un bon bout de temps.

 

Crédit photo : APEC 2013