Les amateurs de séries et autres abonnées de plateforme comme Netflix peuvent s’apercevoir que certaines séries qu’ils regardent assidûment ont souvent le même canevas de fabrication. Au-delà des atmosphères, des sujets et des références qui varient, on sent tout de même souvent une uniformisation dans la création. Celle-ci se fait autour de 5 ingrédients obligatoires. Un créateur qui est à la base du projet rédige le plus souvent la bible, puis des collaborateurs se rajoutent pour les arches, le synopsis, les séquenciers et enfin la rédaction des dialogues.


Comme pour la création du monde, la base d’une série se retrouve dans ce que l’on appelle la Bible. Elle présente le concept de la série. On y retrouve donc schématiquement le sujet et la thématique de fond. L’auteur y trace aussi à grandes lignes les éléments dramatiques et leur progression, les décors, le ton de la série, la présentation des personnages principaux et leurs relations. C’est aussi ce qui va servir à l’auteur pour convaincre les producteurs.


Une fois que les producteurs sont convaincus, on établit les arches. Ce document détaille un peu plus les lignes de force. On y inclut les rebondissements pour étoffer l’intrigue principale à laquelle vient se rajouter et les intrigues secondaires de la saison. La psychologie des personnages principaux prend de l’épaisseur pour en faire des personnages récurrents au fil des intrigues et l’évolution de leurs relations. C’est une phase ou de nombreuses personnes entrent en 
jeux pour étudier de multiples pistes.


L’histoire ayant suffisamment d’épaisseur, il faut la mettre en ordre avec le synopsis. Le scénariste développe la trame dramatique d’un épisode avec les éléments de l’arche. On soupoudre tout cela avec les cliffhangers, c’est-à-dire les éléments d’addiction, de suspense. On établit plusieurs versions qui prennent en compte les remarques du diffuseur ou du directeur d’écriture qui chapeaute l’ensemble de la série.


Tout est mur pour le 
séquencier qui va reprendre la succession des scènes d’un épisode. Un épisode de 52 minutes comprend souvent une quarantaine de scènes croisant les intrigues et personnages. 


Vous rajoutez à cela de plus ou moins savoureux dialogues, avec une liberté de ton plus ou moins grande laissé au réalisateur selon la dynamique de l’équipe créative. Toute version dialoguée connaît au moins une version initiale, puis jusqu’à une vingtaine de versions. C’est le résultat d’un va-et-vient entre les scénaristes, le directeur d’écriture, le producteur et le diffuseur, avant la version définitive.


Tout ceci est, au bout du compte, relu et relut par le créateur, auteur producteur ou directeur d’écriture, pour être sûre de la cohérence et l’harmonisation de l’ensemble. C’est ce l’on appelle à faire le lissage.


Toutes ces étapes intermédiaires sont effectuées souvent par des équipes rodées à mettre en œuvre ce que la production veut et ce que l’audimat commande, c’est pour cela qu’une tendance à revenir toujours sur les mêmes ficelles se retrouve parfois.

Crédit photo : freestocks-org