Le Liberland, est ce que l’on appelle un micro-État auto-proclamé. Situé en Europe, le Liberland a tout de l’Etat folklorique, car il n’est pas reconnu par la Communauté internationale. Cependant, il inquiète de nombreux pays, comme la France, car il commercialise des passeports en son nom. Les services de police français, ont alerté la police aux frontières (PAF) du commerce de passeports diplomatiques.

Petite présentation, la République du Liberland est un micro-État créé en 2015 dans les Balkans, sur les rives du Danube entre la Serbie et la Croatie. Ce ne sont, que quelques kilomètres de terres frontalières, qu’aucun pays ne réclame vraiment. En fait, la Croatie et la Serbie se heurtent à un problème de droit, posé par un différend frontalier. C’est là, que Vit Jedlicka, un entrepreneur tchèque a décidé d’établir “une société où les honnêtes citoyens peuvent prospérer sans lois, sans règlements ni impôts d’État inefficaces et contraignants”. La devise du pays est “Vivre et laisser vivre”. Tout le monde, a bien compris que nous sommes dans une démarche largement libertaire, particulièrement utopiste, qui doit son salut qu’à la faculté de rester discrète et de gêner personne ou presque. La micronation, n’est reconnue par aucun membre des Nations Unies. Cependant, le Liberland établit des relations avec un Etat similaire, le Somaliland, un Etat autoproclamé en Somalie depuis 1991.

Seulement voilà, la liberté, c’est bien, mais comme toute nation, le Liberland a besoin d’argent. C’est certainement pour cela, que les services de police ont repéré depuis plusieurs semaines un drôle de manège à l’aéroport de Belgrade. Il s’agit de l’arrivée de plus en plus de ressortissants indiens en possession de passeports diplomatiques de la “République libre du Liberland”. A priori, il serait assez facilement possible de se procurer ce passeport moyennant bien sûr la modique somme de 4 300 euros payables en bitcoins.

Le problème, c’est qu’une fois qu’un individu a acheté son passeport, si on le laisse entrer dans l’espace Schengen, les choses se compliquent. Du coup, il est clairement stipulé, que l’entrée en France est interdite aux “ressortissants” du Liberland. Ces documents administratifs sont considérés, comme fantaisistes et donc non reconnus par la France.

A priori, les personnes susceptibles d’être en possession d’un passeport de ce type, sont prioritairement en provenance d’Israël, du Liban, et de la Turquie. Selon le document du Groupe d’analyse et de suivi des affaires d’immigration (Gasai), le Liberland a reçu un demi-million de demandes de citoyenneté, dont 100 000 du Moyen-Orient et 18 000 des États-Unis.

Crédit photo : nicole geri