Pour beaucoup, c’est la rentrée et la reprise du travail après une coupure plus ou moins longue. On retrouve avec un peu d’appréhension, nos portables et nos ordinateurs qui regorgent de messages. Pour certains hélas, la coupure n’a pas été totale, car ils ont dû répondre immédiatement aux mails de leurs employeurs durant leurs congés. C’est pour cela, que l’une des précisions de la loi Travail est entrée en vigueur l’été dernier, elle s’appelle “droit à la déconnexion”.

Ce dispositif a notamment fait suite à la constatation, comme le démontre un récent sondage de l’IFOP, mené en juillet dernier. 80 % des cadres continuent à consulter leurs mails et SMS pendant leurs temps libres.

Il s’agit donc de réglementer un peu les choses pour contrôler les inévitables abus. Le droit à la déconnexion précise donc bien, qu’un employeur peut vous envoyer des mails en dehors de vos heures de travail. Cependant, vous êtes parfaitement libre d’en prendre connaissance et d’y répondre ou pas, ou même de carrément les ignorer. Aucune sanction ne peut être prise dans ce cadre-là. Il reste le cas de l’urgence absolue mettant en danger l’entreprise où une réponse peut-être exigée, et encore, on ne peut pas vous reprocher de ne pas être au courant si vous avez par exemple fermé votre portable ou votre ordinateur. Rappelons au passage, que l’obligation de disponibilité et d’être joint en permanence, et qui figure parfois dans des contrats de travail est totalement illégale.

Ce “droit à la déconnexion” est applicable pour tous les salariés. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, il y a obligation de négocier avec les partenaires sociaux pour déterminer plus précisément ce qu’on appelle des dispositifs de régulation des outils numériques. Il s’agit d’assurer le respect du temps de repos et de congé, ainsi que le respect de la vie personnelle et familiale.

En ligne de mire du gouvernement, il s’agit d’éviter un nouveau fléau appelé le blurring. On nomme comme cela une trop grande imbrication de la vie professionnelle dans la vie privée avec les conséquences qui en découlent. Les risques croissants de burn-out, les maladies cardiaques, et autres sont devenus un enjeu de santé publique. Il faut éviter un cercle vicieux, qui consiste à perdre de l’efficacité au fur et à mesure d’un trop-plein de stress et de fatigue dûe à une trop grande présence, que l’on chercherait à combler par….plus de présence et ainsi de suite sans chercher d’autres solutions possibles.

A propos d’autres solutions, il faut rappeler que l’employeur reste garant de votre santé physique et morale. Donc, si aucune mesure n’est prise pour éviter un fonctionnement extrême de ce type, ou si votre employeur ne veut rien savoir, et pire encore vous harcèle, vous pourrez légitimement vous en plaindre à qui de droit.

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