Il n’est pas du tout conseillé de pratiquer le “balconing”, cela correspond à se prendre pour un héros de film et sauter du balcon d’un hôtel pour se retrouver dans la piscine. Hélas, cette pratique, qui se déroule souvent après une soirée bien alcoolisée, ne finit pas aussi bien que dans les films. Ce fléau, alliant bêtise et drame fait à nouveau des ravages dans les îles espagnoles des Baléares. Cette pratique comme chaque année, amène son lot de blessés, et parfois de morts. L’été 2018, s’annonce particulièrement meurtrier.

Les choses semblaient s’améliorer depuis 2 ans, grâce à des campagnes de prévention. Cependant, relâcher l’effort et le phénomène du “balconing” revient en force dans l’archipel des Baléares. Juan José Segura, chirurgien à l’hôpital Son Espases de Palma de Majorque, a recensé au moins 6 cas de victimes de cette pratique dans son hôpital depuis le début de l’année. Des cas dramatiques, puisque trois sont morts, et les autres ont été grièvement blessés, et paralysés pour certains. C’est déjà plus que pour 2016 et 2017 réunis, où l’hôpital avait recensé 6 cas au total dont aucun mortel.

Le recensement de cet hôpital n’est pas une exception, car les médias espagnols évoquent 6 autres morts à cause du “balconing” en 2018 sur l’île de Majorque. “Il semble que cette année ne va pas être, comme les précédentes et que nous allons revenir à la tendance initiale des années 2010-2015, avec 10 à 15 cas chaque été“, affirme à l’AFP Juan José Segura.

Du coup, le docteur Segura, a même fait une étude sur le “balconing”, qui recense 46 cas dans son hôpital entre 2010 et 2015. Un profil se dessine, un homme, âgé de 24 ans en moyenne, 60 % d’entre eux étaient des Britanniques. C’est pour cela, que les autorités du Royaume-Uni ont mis sur pied une campagne pour inviter les jeunes touristes britanniques à ne pas se prendre pour James Bond.

De leur côté, les hôteliers distribuent des tracts, avertissent les gens, et placent les jeunes dont ils soupçonnent qu’ils pourraient faire du “balconing” dans des chambres aux étages inférieurs. En amont, la mairie de Calvia, réputée comme la capitale du “tourisme éthylique”, a fait un effort sur les causes et non pas sur les effets. La vente d’alcool dans le commerce, passé une certaine heure, ainsi que les visites organisées consistant en une tournée des bars, ont été interdites.

Les rescapés du “balconing” seront désormais punis d’une amende de 600 à 1 500 euros, cela fait cher la baignade.

Crédit photo : Jeremie P