L’auteur de l’attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande, a donné quelques raisons qui l’ont poussé à commettre l’irréparable. Au milieu d’un manifeste qui évoque entre autres “le grand remplacement” cher à de nombreux politiciens européens et Français très à droite, on retrouve aussi des références à l’accélérationnisme, un concept souvent mal compris, mais à la base, cher à de nombreux extrémistes, très à gauche.

Tout d’abord, il faut considérer l’accélérationnisme, comme un courant de pensée né à la gauche de la gauche. Celui-ci, n’a rien à voir avec des actes terroristes. Il a été écrit par deux Britanniques, Alex Williams et Nick Srnicek. Ils affirment, que pour dépasser la société capitaliste actuelle, il faut pousser la logique de marché et de l’innovation technologique jusqu’au bout. Le progrès technologique, doit à leurs yeux, permettre aux humains de s’affranchir de la nécessité de travailler. Ainsi, on se tournerait de fait vers une société plus égalitaire et d’inspiration marxiste.

De cette logique, les extrémistes de tous bords, vont comme souvent, garder que ce qui les intéressent. C’est-à-dire, frapper les esprits par des actes spectaculaires, voire violents pour parvenir à une forme d’accélération des événements provoquant des réactions en chaîne et une radicalisation de la pensée.

Une version, disons dévoyée et surtout très à droite de l’accélérationnisme, a été développé par Nick Land, un ancien professeur de philosophie à l’université de Warwick. Il prône l’accélération du capitalisme, car pour lui, cela amène à son stade ultime, le fascisme. Dans cette approche, l’accélérationnisme revient à instaurer un libéralisme poussé à l’extrême et dans tous les domaines. Cette vision du monde, a eu son petit succès dans certains cercles très huppés de la Silicon Valley. Par exemple, il faut laisser complètement libre la consommation de drogue et l’innovation technologique qui ne doivent pas être entravées. Ceci pour l’aspect disons folklorique, mais cette théorie a aussi un pendant raciste, pour attirer de nombreux adeptes. Nick Land, explique en effet, “l’égalitarisme entre les races est un concept imposé par l’État et que son démantèlement permettra de mettre fin à ce “mythe“.

Pour conclure, c’est l’utilisation d’un nouveau mot pour désigner des méthodes, hélas anciennes. Profiter des nouvelles facilités de communication pour effectuer et médiatiser des actes choquants en espérant que d’autres imiteront. La multiplication de ces actes violents doit accélérer la radicalisation de la société et le cercle vicieux est lancé.

Enfin, tout cela sous-entend une réflexion, ce n’est pas le cas de beaucoup d’adeptes, qui restent pour la majorité, avant tout des pions désœuvrés à la recherche d’idéal pour une vie qui leur apparaît médiocre. Ils sont facilement manœuvrables et influençables par des pseudos philosophes, mais de vrais escrocs de la pensée.

Crédit photos : kyle johnson