Il est temps de se mettre à la page en tournant celles de nos prochains dictionnaires. Cela va nous permettre de découvrir les nouveaux mots qui y sont entrés. Le Robert et Le Larousse, nous donnent ainsi chaque année une petite idée de l’actualité et de l’évolution de notre société à travers plus d’une centaine de nouveaux mots et une cinquantaine de noms, qui intègrent chaque nouvelle édition du dictionnaire.

Actualité oblige, le terrorisme a mis en évidence de nouveaux termes, maintenant hélas largement utilisés. Il s’agit de “fichés S” pour désigner “l’individu fiché par la police en raison de risques pour la sécurité“, de “revenant” pour un “djihadiste qui regagne son pays d’origine après être parti(e) combattre“. La “cyber défense” fait son apparition, car la défense d’un pays passe maintenant par des moyens informatiques.

L’actualité, c’est aussi la place des femmes et les comportements en société avec l’apparition de la notion de “violence faite aux femmes”, tout comme le terme de “frotteur” pour désigner “une personne qui recherche les contacts érotiques en profitant de la promiscuité dans les transports en commun”. La place des femmes est d’ailleurs à l’origine du terme “écriture inclusive”, signifiant “qui s’efforce d’assurer une représentation égale des hommes et des femmes”.

La politique nous amène le “dégagisme” cher à Jean-Luc Mélenchon, tout comme le terme “antisystème” suffisamment vague, pour en faire un parfait exemple de langue de bois. Plus précis, voici le “revenu universel”, qui entre en même temps que le “cabinet noir” et le “travailleur détaché” en balade dans l’Union européenne. Politiquement, il est clair que les termes “marcheurs” et “insoumis” ont pris un nouveau souffle politique.

Plus classique, les anglicismes et la technologie nous amènent chaque année son lot de nouveautés, avec un “queer” qui est une personne dont l’orientation ou l’identité sexuelle ne correspond pas aux modèles dominants. Le “cosplay”, une pratique visant à incarner un personnage de fiction, et le “replay”. Ces anglicismes vont côtoyer le “drive”, permettant de retirer une commande tout en restant à bord de son véhicule. Pour les plus sportifs, le “running” et l’e-sport font également partie des nouveaux mots.

Le “darknet” dévoile une partie du réseau internet accessible par des logiciels, qui anonymisent les données des utilisateurs. Le Petit Larousse nous entraîne sur un “vlogs”, ces blogs sous forme de vidéos.

Enfin, il y a ces mots dont la provenance met en lumière des pratiques et des tendances nouvelles, ou à la mode. On est ravi que “l’accorderie”, “un réseau d’échange de services entre habitants”, fasse contre-poids aux personnes agressives, animées par la haine, la jalousie, que sont les “rageux” en action sur les réseaux sociaux, et qui font preuve, parfois de “grossophobie”.

Nous empruntons de plus en plus le “VTC” pour aller manger, le “teriyaki”, ce plat de viande ou de poisson grillé après avoir mariné dans une sauce à base de soja et de saké doux, et pour finir, une petite douceur comme la “pavlova”, un gâteau constitué d’un disque de meringue garnit de crème chantilly et de fruits.

Bien sûr, il y a bien d’autres mots à découvrir, et d’autres à redécouvrir. Pour finir, évoquons les personnalités. On note la présence du footballeur parisien Neymar, devenu incontournable, sauf peut-être sur le terrain, et des boxeurs médaillés olympiques Estelle Mossely et Tony Yoka. Le spationaute français Thomas Pesquet, a bien mérité aussi sa place. Il entre en même temps que le Premier ministre Edouard Philippe, le biologiste Jean-Claude Ameisen, l’écrivain Sylvain Tesson, et les cinéastes américains J.J. Abrams et Ron Howard, ou encore le réalisateur néerlandais Paul Verhoeven et bien d’autres.

Crédit photo : Epjt Tours