Dans ces prochains jours, les prud’hommes vont certainement devoir statuer sur un dossier pas classique et pas évident. En signe de mécontentement, un employé avait déposé un emballage vide de godemiché sur la voiture du directeur du Carrefour au cours d’une manifestation. Le magasin l’a licencié pour faute lourde.

Bien sûr, dans le contexte difficile que constitue l’annonce par le groupe Carrefour de la suppression de 5 000 emplois en mars dernier, l’affaire cristallise des rancœurs qui vont au-delà du simple incident. La CGT, a bien l’intention de ne pas laisser l’affaire au point mort.

C’est pour cela, que les salariés de l’hypermarché Carrefour de Langueux, dans les côtes d’Armor, ont distribué des petits autocollants sur lesquels est mentionné, ”Je suis Jimmy”. Ils ont aussi fait signer une pétition qui réclame la réintégration de Jimmy, boucher de profession, âgé de 27 ans, licencié pour faute lourde.

Concernant, l’affaire proprement dite, rappelons qu’au cours de la manifestation du 31 mars, un employé du rayon boucherie de l’hypermarché de Langueux, a déposé un emballage de godemiché vide portant l’inscription “cadeau des syndicats” sur la voiture du directeur du magasin. Un acte, qui a provoqué son licenciement pour faute lourde.

La direction, a évoqué pour expliquer cette sanction, une atteinte à la “dignité” du directeur. Selon une déléguée syndicale, la lettre de licenciement “met en avant le fait que sa dignité aurait été bafouée par ce geste qualifié de choquant et ignoble“. Pour appuyer son directeur, Carrefour confirme, “le salarié a été licencié pour comportement inapproprié nuisant à l’entreprise, et en totale opposition avec ses valeurs“, ajoutant que “le directeur est très affecté“.

Ce n’est évidemment pas l’avis de Jimmy qui explique, “mon licenciement est un exemple pour faire peur aux autres employés, comme j’envisage de me présenter aux prochaines élections professionnelles, on veut me mettre à la porte avant ces échéances“.

Même son de cloche chez la CGT, pour qui ce licenciement fait office d’exemple, “aujourd’hui, c’est lui qui est viré, demain cela sera n’importe quelle personne qui contestera les décisions de Carrefour”, poursuit la syndicaliste qui réclame la réintégration du salarié licencié sans indemnités.

Crédit photo : Edmundo Serna Ruz