La passation de pouvoir entre deux présidents, est un rituel important et symbolique de la vie institutionnelle française. Comme souvent, quand il s’agit de pratiques qui nous apparaissent classiques, et standards, et de plus, ce sont souvent les “autres ” qui en parlent le mieux. Un œil non averti de nos institutions et de notre vision des choses, peut encore étonner, et même parfois, donner envie à cette solennité que nous donnons à certaines traditions.
On peut discuter longuement, sur la poignée de main entre les deux présidents, de la couleur et de la coupe de la tenue de la nouvelle première dame de France, ou sur la voiture choisit pour défiler. Tout cela reste tout de même, une affaire de spécialiste et de remplissage de programme et de journaux. Beaucoup, vont nous expliquer l’importance de chaque chose, dont on sait bien sûr qu’elles n’ont pas été organisées par hasard. D’autres, vont guetter le moindre faux-pas ou couac pour agencer de multiples théories.
Tout ceci est normal, et même salutaire, à condition de ne pas se tromper dans la hiérarchie de l’importance des choses. Un petit coup d’œil sur l’impact à l’étranger de ce passage obligé de la Cinquième République, est significatif.
Ainsi, nos voisins allemands, remarquent avec étonnement la sobriété de l’ensemble, alors que ce n’est pas vraiment la première caractéristique que nous accordent nos amis teutons. De leur côté d’ailleurs, ils se sont calmés sur la mise en scène du pouvoir, après quelques excès tragiquement historiques.
De leur côté, si historiquement, ils ont les mêmes antécédents que les Allemands, les Italiens sont actuellement confrontés à un populisme ambiant virulent. Ils en profitent donc, pour saluer le respect de la démonstration des institutions françaises. C’est d’ailleurs, cette vision de la volonté de respecter les institutions, et de garder l’unité nationale au-delà des personnes, qui transpire de cette matinée dominicale dans de nombreux pays, souvent plus habitués à des particularismes, et régionalismes marqués.
Difficile enfin de ne pas évoquer, nos “amis” anglais, qui vont être sensibles aux symboles d’unité nationale. Ce moment, même éphémère, d’unité nationale contenue dans la passation de pouvoir, résonne avec acuité dans un pays qui se déchire depuis deux ans sur le Bréxit, de manière plus virulente que nous. Il est vrai que pour eux le symbole de l’unité est plus l’apanage de la royauté.

Crédit photo : Mickael FD